09 Mar 2016
11:30 - 12:30
Amphithéâtre Guillaume Budé, Site Marcelin Berthelot
En libre accès, dans la limite des places disponibles

Intervenant(s)

Hélène Dollfus, Université de Strasbourg
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Les dystrophies rétiniennes héréditaires syndromiques se définissent par l’association d’une atteinte ophtalmologique avec de plus des manifestations au niveau d’un ou plusieurs autres organes constituant un groupe très hétérogène de pathologies sur un plan génétique et biologique. Souvent considérés comme exceptionnels et anecdotiques, les travaux scientifiques portant sur les syndromes rares comportant des dégénérescences rétiniennes constituent au contraire un domaine très important pour mieux comprendre la physiologie de la rétine et aussi les mécanismes qui conduisent à la mort des cellules de la rétine. Les progrès de la génétique moléculaire notamment en matière de séquençage haut débit et les avancées pour la modélisation in vitro ou in vivo, voire in silico, mettent en lumière des voies biologiques parfois inédites comme étant liées à la physiologie rétinienne pointant potentiellement vers des cibles thérapeutiques.

Diverses catégories de syndromes seront abordées sous l’angle clinique, biologique et physiopathologique. Dans un premier temps seront évoquées les causes de rétinopathies syndromiques liées à des dysfonctions cellulaires très générales, dites ubiquitaires, comme par exemple les voies biologiques liées à la réparation de l’ADN (i.e. : syndrome de Cockayne) ou au dysfonctionnement d’organelles comme les mitochondries ou encore les lysosomes ou les peroxysomes. Dans un deuxième temps seront abordées des catégories de syndromes que nous qualifierons de sensoriels dans un sens très élargi de ce terme appliqué non seulement aux manifestations cliniques, mais aussi au niveau cellulaire. L’évocation des syndromes de Usher permettra de comprendre une double atteinte sensorielle clinique et le groupe en pleine expansion des ciliopathies (i.e. : syndrome de Bardet-Biedl, syndrome d’Alström) permettra de percevoir l’importance du cil primaire véritable organelle sensorielle de la cellule.

Ces divers syndromes nous révèleront l’extrême sensibilité de la cellule photoréceptrice à des désordres des voies biologiques ubiquitaires ou à des voies très spécifiques comme les dysfonctions du cil connecteur. Ces syndromes soulignent aussi l’extrême diversité des causes de dystrophies héréditaires de la rétine, mais aussi la nécessité de trouver des thérapies pour surseoir au handicap visuel qui se combine à d’autres handicaps également souvent très sévères.