Sous la direction de

Présentation

Approcher la musique par des chemins de traverse : Karol Beffa propose de déplacer les termes du débat esthétique autour de la musique dans le monde contemporain en ouvrant la réflexion à d’autres disciplines, à d’autres pratiques, à d’autres regards, des mathématiques au théâtre ou au cinéma. Pour mieux cerner la musique, il est nécessaire de la penser en relation et de l’affranchir d’une conception, inaugurée par le romantisme allemand, qui l’absolutise et par là même tend à l’isoler. Les questions de la création, de la perception, de la vraisemblance ou de la représentation sont revisitées, ainsi que celle des évolutions de la musique depuis un siècle. Contre un « postmodernisme » qui se voudrait subversion de la modernité (au sens des Lumières) et se traduirait en esthétique par le rejet de la tonalité et du figuratif, on est invité à penser une forme de « postmodernité » entendue comme refus du modernisme des avant-gardes et de leur idéal de rupture radicale par rapport au passé. Ce « postmodernisme » entend emprunter librement à la tradition (harmonie, thématisme, pulsation), mais aussi à d’autres univers culturels, sans souci de hiérarchie.

Compositeur, pianiste et musicologue, Karol Beffa est maître de conférences à l’École normale supérieure. Il a occupé la chaire annuelle Création artistique au Collège de France en 2012-2013.

ISBN
978-2-7226-0433-9
Date de parution
Langue
français
Prix
5.99 €
Diffusion
OpenEdition
Format
Édition numérique

Sommaire

Karol Beffa – Préface

Karol Beffa et Cédric Villani – D’où nous viennent les idées et comment évoluent-elles ? La créativité en mathématiques et en musique

Francis Wolff – L’expérience musicale : sons et événements

Michel Gribenski – Le geste du pianiste au jeu de la vraisemblance : performance musicale et illusion audio-visuelle dans le film de fiction

Marie-Madeleine Mervant-Roux – Théâtre : un lieu où l’on entend. Vers une histoire acoustique de la scène moderne (XIXe-XXIe siècle)

Bernard Sève – Ce qu’il advient de la musique quand Tannhäuser devient un peintre

Guillaume Métayer – Musique et imposture : Nietzsche et Wagner

Jérôme Ducros – Musique : évolution, révolution

Karol Beffa – Y a-t-il un postmodernisme musical ?

Extraits

« En philosophie, en littérature et dans les sciences humaines, le terme postmodernisme recouvre une nébuleuse d’idées assez mal définies qui tendent à privilégier la subjectivité aux dépens de l’existence d’une vérité objective. Dans la forme la plus extrême prise par ce mouvement, certains “intellectuels postmodernes” sont allés jusqu’à soutenir que la réalité physique (et non nos théories sur celle-ci) serait une construction linguistique et sociale. À rebours de cette conception, j’essaie de montrer qu’en musique le terme est moins ambigu qu’il n’y paraît : si l’on écarte l’acception d’‟hyper-modernisme” (prêtant à confusion), il semble qu’on puisse définir le postmodernisme musical par un scepticisme à l’égard de l’idée de progrès en art, un refus de se plier au canon de la nouveauté à tout prix et par l’intention de se situer dans le prolongement d’une tradition, sans opérer de tabula rasa. »