Amphithéâtre Marguerite de Navarre, Site Marcelin Berthelot
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La référence à un « nouvel ordre » est double. Il s’agit avant tout d’un phénomène lié aux événements politiques qui suivirent la période napoléonienne, en particulier au congrès de Vienne (1815) dont l’objectif premier était de rétablir l’équilibre des puissances d’avant 1789, dans le but avoué d’effacer et de prévenir les mouvements nationalistes, sécessionnistes ou unificateurs et tout soulèvement populaire jugé déstabilisant pour le système ainsi instauré. L’Empire ottoman, qui parvint à se tenir à l’écart des principaux conflits napoléoniens, ne participa pas au congrès, mais en fut l’un des objets, notamment par la question de la défense de son intégrité territoriale contre les mouvements indépendantistes et sécessionnistes des Balkans.

Pourtant, la rébellion grecque de 1821, qui prit bientôt des proportions de guerre d’indépendance, révéla le caractère éphémère de ces résolutions. Après des années de neutralité plus ou moins bienveillante, avec la bataille de Navarin (1827), les puissances européennes finirent par intervenir en faveur des insurgés, constituant ainsi la première entorse au système par la création d’une Grèce indépendante.

La notion de « nouvel ordre » est aussi un rappel du terme utilisé par Selim III pour décrire son programme de réforme fiscale et militaire, le Nizam-ı Cedid. Les Nouveaux règlemens de l’Empire ottoman de Mahmud Raif Efendi (1798) en étaient un excellent exemple. Toutefois, ce « nouvel ordre » fut aussi la cause d’une réaction menée notamment par les janissaires qui, se sentant menacés par le projet d’une nouvelle armée, s’insurgèrent et obtinrent la destitution de Selim III en 1807 et l’assassinèrent l’année suivante, lors de la contrerévolution qui mit le jeune Mahmud II sur le trône.

 

Dans le cadre de la chaire Histoire turque et ottomane, une journée d’étude consacrée à l’histoire de l’archéologie phénicienne au XIXe siècle aura lieu le mardi 22 mai 2018. Des spécialistes se réuniront pour débattre des fouilles effectuées à Sidon, des objets transférés aux musées d’Istanbul (Musée impérial, aujourd’hui Musée archéologique) et de Paris (Musée du Louvre) ainsi que des principaux acteurs locaux, ottomans et français ayant joué un rôle dans cet épisode de l’archéologie orientale : Ernest Renan, Osman Hamdi Bey, Alphonse, Edmond et Joseph-Ange Durighello… Parmi les participants pressentis figurent Elisabeth Fontan (Louvre), Hélène Le Meaux (Louvre), Françoise Briquel-Chatonnet (CNRS), Pierre Briant (Collège de France), Hareth Boustany (Université libanaise), Bénédicte Savoy (Collège de France), Henry Laurens (Collège de France). L’artiste libanais Akram Zaatari interviendra sur les fouilles de 1887 et sur les sarcophages de Tabnit (Istanbul) et d’Achmounazar (Paris).

Le cours sur « L’Empire ottoman et la Turquie face à l’Occident » reprendra en janvier 2019, vraisemblablement le vendredi 11 de 14h00 à 15h30.