Transformations superficielles et conservation des biens culturels en pierre et des peintures murales

L’homme est depuis toujours confronté à l’altération, à la dégradation des biens culturels, qu’elles soient naturelles, c’est à dire causées par leur environnement avec le temps, ou qu'elles soient le produit de l'action de l’homme. Ayant perçu très tôt la nécessité de protéger les surfaces des pierres des monuments, des sculptures ou des peintures murales, il s’est employé à concevoir et appliquer différents produits afin d’essayer de mieux les conserver. Mais du fait de la complexité des transformations de surface affectant ce type d’objet patrimonial et afin d’obtenir des résultats en termes de conservation qui ne soient pas aléatoires, il s’est avéré nécessaire de développer une approche scientifique de la conservation. Depuis plus d’une centaine d’années s’est progressivement développée une science des matériaux du Patrimoine dans laquelle l’analyse chimique sous ses différents aspects a, au cours des quarante dernières années, progressivement pris une part importante. La variété des techniques spectroscopiques a révolutionné la science de la conservation, permettant aussi bien une approche analytique sur site, qu’une analyse de plus en plus fine et précise des constituants des couches d’une peinture murale en laboratoire.

La compréhension des transformations superficielles des pierres et des peintures murales s’appuie ainsi sur des approches cristallochimiques, géochimiques, sur des études et analyses en chimie organique. Ainsi, et à titre d'exemple, sera évoqué comment il a été possible, grâce à des analyses effectuées à des échelles micrométriques à nanométriques, de comprendre les mécanismes de dégradation de pigments comme le minium ou le rôle de minéraux argileux expansifs dans certaines dégradation de la pierre. Un autre exemple présentera l’utilisation de la géochimie des isotopes stables pour tracer les agents de dégradation affectant les surfaces des pierres que sont les sels hygroscopiques.