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Ce cours a pour but d’examiner la mise en forme du mythe de l’exode ainsi que les contextes sociohistoriques et idéologiques qui ont marqué de leurs emprunts ce texte fondateur de la Bible hébraïque (BH) et, par la suite, du judaïsme.

La leçon introductive avait pour titre « Entre autochtonie et allochtonie : l’invention de l’Exode ». Pour dire son identité, chaque groupe ou peuple a recours à des mythes fondateurs. Un groupe peut d’ailleurs en avoir plusieurs. Ces mythes racontent souvent comment un groupe ou un peuple s’est formé et comment il a reçu sa terre. Par rapport à la possession de la terre, il existe deux types de récits d’origine : un mythe d’autochtonie selon lequel les ancêtres ont toujours été sur la terre revendiquée, qu’ils sont « nés de la terre », pour reprendre le titre d’un ouvrage de Nicole Loraux[1], et un mythe d’allochtonie, de colonisation, selon lequel les ancêtres sur ordre divin ont quitté leur territoire d’origine pour s’installer dans un autre pays. Dans la Grèce, les deux types de mythes fondateurs peuvent cohabiter, et il en est de même dans la Bible hébraïque.

Ainsi la figure primitive d’Abraham (cf. nos cours sur Abraham en 2008 et 2009) était un ancêtre autochtone, comme le montre peut-être encore un texte comme Es 51,1-2 où l’ancêtre est comparé à un rocher. Un autre concept d’autochtonie se trouve dans les premiers chapitres des livres des Chroniques qui semblent vouloir passer sous silence l’exode et la conquête du pays.