26 fév 2019
16:00 - 17:30
Amphithéâtre Marguerite de Navarre, Site Marcelin Berthelot
En libre accès, dans la limite des places disponibles
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Résumé

La leçon de clôture de ma chaire, plus festive, a été l’occasion de rappeler les principaux jalons de ma carrière de chercheur depuis 1970 : langage TIF de traitement et interrogation de fichiers (1970-1973), inversion des calculs des programmes récursifs (1973-1976), étude mathématique des propriétés syntaxiques et sémantiques du l-calcul et en particulier de ses propriétés de stabilité et séquentialité (1975-1982), théorie des automates (1989), modèles asynchrones, synchrones et vibratoires du parallélisme et langages de programmation associés (1983-), programmation temps réel en langages synchrones (1983-2009), conception à haut niveau de circuits digitaux et caractérisation logique de leur bon fonctionnement (1989-2009), vérification formelle de programmes et circuit (1991-2009), et programmation réactive sur le Web et en musique depuis 2013. Tout ceci s’est fait avec pas mal d’incursions dans des sujets latéraux et un passage dans l’industrie comme directeur scientifique de la société Esterel Technologies dédiée aux applications industrielles de mon langage Esterel et d’autres langages synchrones (2001-2009). Ma trajectoire n’a donc pas été linéaire, même si j’ai toujours gardé comme ligne de force le besoin de soigneusement harmoniser syntaxe et sémantique mathématique dans les modèles et langages de programmation. Elle a varié en fonction de l’évolution des sujets et de leur impact sur le monde, et surtout en fonction de nombreuses rencontres de chercheurs passionnants ayant des façons de penser différentes, ce qui m’a permis d’avoir des idées théoriques non classiques que j’ai pu pousser au bout dans la pratique pour certaines. Pour moi, les trajectoires non linéaires peuvent être plus fécondes en recherche que les trajectoires linéaires, au moins dans un sujet en plein développement comme la science informatique.

J’ai terminé cette dernière leçon par quelques réflexions sur l’enseignement et un grand remerciement aux 66 séminaristes que j’ai eu l’occasion de faire intervenir dans mes cours et aux 11 titulaires successifs de la chaire Informatique et sciences numériques que j’avais inaugurée en 2009-2010, et bien sûr au Collège de France lui-même, car y enseigner a été un immense honneur.

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