28 mai 2019
16:00 - 19:00
Salle 5, Site Marcelin Berthelot
En libre accès, dans la limite des places disponibles

Intervenant(s)

Romain Bertrand, CERI, Sciences Po-CNRS
Maylis de Kerangal
Marie-Noëlle Bourguet, Université Paris 7
Laurent Van Eynde, Université Saint-Louis de Bruxelles

Interventions

  • Patrick Boucheron – Ceci n'est pas un programme
  • Romain Bertrand  – La leçon de Caeiro
  • Maylis de Kerangal – Le monde au détail
  • Marie-Noëlle Bourguet – Paysage avec chiffres : la description de la nature chez Alexandre de Humboldt
  • Laurent Van Eynde – Nature, liberté, singularité. La tétralogie positive de Goethe
URL de la vidéo

Ceci n'est pas un programme – Patrick Boucheron (Collège de France)

URL de la vidéo

La leçon de Caeiro – Romain Bertrand (CERI, Sciences Po-CNRS)

URL de la vidéo

Le monde au détail – Maylis de Kerangal

URL de la vidéo

Paysage avec chiffres : la description de la nature chez Alexandre de Humboldt – Marie-Noëlle Bourguet (Université Paris 7)

URL de la vidéo

Nature, liberté, singularité. La tétralogie positive de Goethe – Laurent Van Eynde (Université Saint-Louis de Bruxelles

Résumé

Si les mots désormais nous font défaut pour dire les êtres et les lieux naturels au plus près de leurs apparitions et de leurs entremêlements, il n’en a pas toujours été ainsi. Au temps de Goethe et de Humboldt, le rêve d’une « histoire naturelle » attentive à toutes les créatures, sans restriction ni distinction aucune, s’autorisait des forces combinées de la science et de la littérature pour élever la « peinture de paysage » au rang d’un savoir crucial. La galaxie et le lichen, l’enfant et le papillon voisinaient alors en paix dans un même récit ; aucun phénomène ne possédait sur les autres d’ascendant narratif. Ce n’est pas que l’homme comptait peu, c’est que tout comptait infiniment. Cet art du détail du monde – la capacité à portraiturer le « grand Tout » de la nature en ses moindres existences et en chacune de ses métamorphoses – se soutenait du dialogue entre science et poésie aussi bien que d’une philosophie moniste incarnée, tour à tour, par Friedrich von Schiller et Lorenz Oken. En quoi cette « philosophie de la Nature » a-t-elle donné à Goethe et à Humboldt les moyens de leurs récits, et est-il possible, aujourd’hui, de retrouver, par un travail littéraire, le souci des surfaces du monde qui était le leur ? Entre l’art de dire des romanciers d’aujourd’hui et les anciens savoirs naturalistes qu’il contribue parfois à remettre en avant, la conversation peut donc se rétablir.