Laurent Coulon, professeur du Collège de France sur la chaire Civilisation de l’Égypte pharaonique, donnera le samedi 20 juin 2026 à 11 h, une conférence intitulée « Osiris “façon puzzle” : le travail d’un égyptologue à Karnak ».
La conférence aura lieu à la médiathèque Marguerite Duras, 115 rue de Bagnolet, Paris 20e.
À travers l’expérience de plus de trois décennies de recherche sur les sanctuaires osiriens de Karnak, il s’agit d’illustrer ici ce qui fait le travail d’un égyptologue sur le terrain (et en dehors) et quels sont les objectifs scientifiques qu’il poursuit, bien éloignés d’une « chasse au trésor ». En l’occurrence, notre enquête vise à comprendre pourquoi et comment, au Ier millénaire av. J.-C., un dieu funéraire, Osiris, s’impose comme un interlocuteur majeur dans un temple destiné aux vivants. La métaphore du « puzzle » est particulièrement signifiante pour définir les travaux menés au quotidien : la reconstitution des décors du tombeau d’Osiris, éparpillés en milliers de fragments, comme celle des parois des chapelles osiriennes, retrouvées au fil des saisons de fouilles, procèdent d’un minutieux et patient labeur d’assemblage qui doit s’appuyer aussi sur une large connaissance des « parallèles » offerts par les autres temples connus. La réalisation de ce puzzle amène à deux résultats complémentaires : d’une part, une étude scientifique de ces créations érudites du clergé osirien, puisant dans un répertoire théologique qu’on pourrait qualifier de « kaléidoscopique » ; d’autre part, une restauration très concrète des monuments reconstitués qui font alors l’objet d’une valorisation patrimoniale.
Laurent Coulon est égyptologue, spécialiste de la religion égyptienne antique, et particulièrement du culte d’Osiris. Ses recherches portent également sur l’éloquence et la rhétorique égyptienne, et plus généralement, sur le contexte de la société de cour dans lequel elles se déploient.
Ancien élève de l'École normale supérieure, agrégé de lettres classiques, il a soutenu en 1998 une thèse intitulée « Le discours en Égypte ancienne. Éloquence et rhétorique dans les textes de l’Ancien au Nouvel Empire » (dir. N. Grimal, univ. Paris-IV). Après un séjour à l’Institut français d’archéologie orientale (Ifao) en tant que membre scientifique entre 1998 et 2002, Laurent Coulon est nommé maître de conférences à l’université de Lyon 2 (2002-2008) et détaché en tant qu’adjoint aux publications de l’Ifao, à partir de 2004. En 2008, il est recruté comme chercheur au CNRS dans l’équipe lyonnaise d’HiSoMA. Il soutient, en 2014, une habilitation à diriger les recherches intitulée « Les cultes d’Osiris et les évolutions de la religion égyptienne au Ier millénaire av. J.-C. » (garante L. Pantalacci, univ. Lyon 2). En 2015, il est nommé directeur d'études à l'École pratique des hautes études à la chaire Religion de l'Égypte ancienne et directeur du Centre Wladimir Golenischeff (EPHE, PSL). Il préside la Société française d’égyptologie en 2018-2019. En 2019, il est nommé à la direction de l’Institut français d’archéologie orientale du Caire pour un mandat de quatre ans. En 2023, il rejoint le Collège de France à la chaire Civilisation de l’Égypte pharaonique.
Ses recherches sur le développement du culte d'Osiris au Ier millénaire avant J.-C. s'appuient sur les travaux archéologiques et épigraphiques qu'il mène sur les chapelles et la nécropole osiriennes de Karnak, comme dans d'autres sites (Oxyrhynchos, Ayn Manawir). En s’appuyant sur les outils des humanités numériques, il contribue également à l’élaboration de corpus statuaires en ligne, notamment celui issu de la Cachette de Karnak, ou plus récemment celui englobant l’ensemble de la sculpture tardive dans le cadre du projet Late Egyptian Artefact Database, codirigé avec Olivier Perdu.
En 2023, Laurent Coulon est élu professeur du Collège de France à la chaire Civilisation de l'Égypte pharaonique.
Ces conférences, qui s’adressent au grand public, laissent leur place à la variété des disciplines présentes au Collège de France : l’histoire, l’économie, la sociologie, les lettres, mais aussi la biologie, la chimie, les mathématiques ou les sciences de l’évolution sont ainsi mises à contribution.
Grâce à ce nouveau rendez-vous, les bibliothèques de la Ville de Paris s’inscrivent dans leur mission de diffusion des savoirs et souhaitent lutter contre la désinformation en offrant au public des moments de décryptage et d’approfondissement dans certains domaines de la connaissance. Il s’agit aussi d’ouvrir une fenêtre sur le monde de la recherche et son fonctionnement, et de rapprocher les Parisiens d’une institution exceptionnelle, le Collège de France, au cœur de la vie intellectuelle et scientifique de la cité depuis cinq siècles.