Présentation
Michel Foucault, dont on célèbre en 2026 le centenaire de la naissance, a eu une vie intellectuelle plus cosmopolite qu'on ne l'imagine. C'est en poste dans les services culturels français à Uppsala puis à Varsovie qu'il a écrit sa thèse de doctorat sur la folie. C’est comme professeur de philosophie à l'université de Tunis qu'il a connu sa première expérience politique. Devenu titulaire d’une chaire sur l'histoire des systèmes de pensée au Collège de France, il a séjourné au Japon, au Brésil, au Canada et souvent aux États-Unis pour donner des conférences. À l'occasion, il s’est fait journaliste pour couvrir la Révolution islamique en Iran et humanitaire pour apporter une aide au syndicat Solidarność en Pologne.
Mais son rayonnement international s'est déployé bien au-delà de ses résidences à l’étranger. Son œuvre a profondément renouvelé les travaux de sciences humaines et sociales sur de nombreux thèmes, mais elle a aussi suscité des débats, des critiques, voire des controverses, avec des historiens états-uniens et des philosophes allemands, notamment. Le fait cependant le plus remarquable est que, même lorsqu'il a négligé des domaines et des enjeux importants, autour de la question coloniale et des relations de genre notamment, il n'en a pas moins exercé une influence sur celles et ceux qui les ont étudiés.
C’est donc cette présence mondiale de la pensée foucaldienne que le colloque vise à analyser et à discuter au-delà des lieux communs, des lectures convenues, des commentaires hagiographiques et des critiques, de façon à mieux comprendre comment elle a contribué à faire bouger des lignes et comment elle présente une pertinence renouvelée.
Le colloque est en français et en anglais avec traduction simultanée.