17:00 à 18:00
Conférencier invité

Trashification

Juliana Uhuru Bidadanure
17:00 à 18:00
Amphithéâtre Mireille Delmas-Marty (salle 5), Site Marcelin Berthelot
En libre accès, dans la limite des places disponibles
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Juliana Uhuru Bidadanure est invitée par l'assemblée du Collège de France sur proposition de la Pr Samantha Besson.

Résumé

L'égalitarisme post-rawlsien a été façonné par deux courants principaux. Les égalitaristes distributifs, tout d'abord, soutiennent qu'une société juste est celle dans laquelle chacun reçoit sa part juste (Sen 1979 ; Dworkin 1981 ; Arneson 1989 ; Cohen 1989). La plupart des débats internes à ce premier camp se sont concentrés sur la détermination du bien X central à la justice égalitaire : les opportunités, les biens premiers, les ressources, le bien-être, ou les capabilités. Le second courant de l'égalitarisme contemporain est relationnel. Les égalitaristes relationnels soutiennent que nous devons aller au-delà du paradigme distributif pour mieux envisager l’égalité (Young 1990 ; Anderson 1999 ; Scheffler 2003). Au lieu de se concentrer sur la relation possessive entre une personne et ses biens et la relation comparative entre individus, les égalitaristes relationnels nous encouragent à examiner les différentes manières dont les contextes institutionnels et les modes de relation inégalitaires influencent nos positions. Ils nous incitent à élargir les paramètres à prendre en compte pour penser l’égalité : au-delà des biens et de leur distribution, il faut considérer le respect, la reconnaissance ainsi que l’absence d'oppression et de domination. Ils nous invitent à appréhender la justice comme l'établissement de communautés dont les membres se voient et se traitent comme des égaux.

Mon approche à l'égalité est fondamentalement influencée par l'égalitarisme relationnel. Mon premier livre, Justice Across Ages: Treating Young and Old as Equals (OUP, 2021), applique les notions de l'égalitarisme relationnel à la justice entre les groupes d'âge et générations. Je démontre que les questions d'âge et de temporalité mettent en lumière la nécessité d'une composante relationnelle dans la justice égalitaire. Néanmoins, la notion de rapport d’égal à égal est quelque peu opaque. Des progrès sont nécessaires pour développer des théories de l'égalitarisme relationnel qui soient aussi précises que certaines théories distributives l'étaient auparavant. C'est l'objet de mon nouveau projet de livre, provisoirement intitulé Infériorisé. Le livre adopte une stratégie négative : j’étudie les modes de relation inégalitaires que nous avons des raisons d'éviter et j’en retire une proposition positive de ce que les relations d'égalité impliquent.

Références

  • Anderson, Elizabeth, 1999, "What Is the Point of Equality?", Ethics, 109(2): 287–337.
  • Arneson, Richard, 1989, "Equality and Equal Opportunity for Welfare", Philosophical Studies, 56(1): 77–93.
  • Bidadanure Juliana, Uhuru, 2021, Justice across Ages: Treating Young and Old as EqualsOxford/New York: Oxford University Press.
  • Chamayou Grégoire, 2008, Les Corps vils : expérimenter sur les êtres humains aux XVIIIe et XIXsiècles. Paris : La Découverte.
  • Cohen, G.A., 1989, "On the Currency of Egalitarian Justice", Ethics, 99(4): 906–944.
  • Cedar Monroa, 2024, Trash: A Poor White Journey. Minneapolis: Broadleaf Books.
  • Dworkin 1981, "What Is Equality? Part 2: Equality of Resources", Philosophy & Public Affairs, 10(4): 283–345.
  • Nussbaum, Martha C., 1995, "Objectification", Philosophy & Public Affairs, 24(4): 249– 291.
  • Scheffler, Samuel, 2003, "What Is Egalitarianism?", Philosophy & Public Affairs, 31(1): 5–39.
  • Sen, Amartya, 1979, "Equality of What?", Tanner Lecture on Human Values, delivered at Stanford University, 22 May 1979.
  • Young, Iris Marion, 1990, Justice and the Politics of Difference, Princeton, NJ: Princeton University Press.
Image générée avec une I.A.