Résumé
Au cours de l’année 2005-2006, le cours de la chaire de Médecine expérimentale a porté sur un sujet important et de grande actualité : le développement de nouveaux vaisseaux dans le cancer et une approche thérapeutique nouvelle, l’inhibition de la néoangiogenèse dans les processus cancéreux et métastatiques. Les cancers ne peuvent se développer que grâce à des vaisseaux apportant l’oxygène et les nutriments dont les cellules cancéreuses, grandes consommatrices de substrats énergétiques, ont besoin pour leur croissance. La prolifération d’une tumeur ne peut se concevoir sans le développement d’une vascularisation appropriée, qu’il s’agisse de détournement de vaisseaux préexistants à son profit ou de la formation de novo de vaisseaux tumoraux. De là est née l’hypothèse qu’en détruisant les vaisseaux irriguant la tumeur, on pourrait stopper la croissance des cellules cancéreuses ou, à tout le moins, stabiliser la tumeur. Cette hypothèse, énoncée par J. Folkman1 dès 1971, a été précédée d’une série d’observations qui suggéraient un lien entre croissance tumorale et développement d’une vascularisation. La découverte du VEGF, facteur crucial du développement des vaisseaux dans des conditions normales et pathologiques, comme le cancer, a joué un rôle déterminant dans la validation du concept du traitement anti-angiogénique en pathologie tumorale. Les premiers résultats obtenus avec un anticorps bloquant l’action du VEGF dans le cancer du colon avec métastases se sont révélés encourageants et soulèvent de nouvelles questions : Les vaisseaux sanguins des tumeurs sont-ils identiques aux vaisseaux normaux ou, au contraire, ont-ils des marques qui leur sont propres ? comment se développent-ils ? et comment stopper leur formation ? Ne risque-t-on pas de compromettre la circulation dans les tissus normaux à vouloir inhiber la vascularisation tumorale ? Quels sont les résultats obtenus chez l’homme, dans différents types de cancers ? En un mot, l’espoir mis dans la logique de cette nouvelle stratégie thérapeutique est-il justifié ? Le cours de la chaire de Médecine expérimentale a tenté de répondre à certaines de ces questions.
Note
1. Folkman J., New Engl. J. Med., 1971.