Les variations climatiques survenues au cours des deux derniers millénaires ont exercé des impacts indéniables sur les sociétés humaines. Nous examinerons plusieurs cas emblématiques qui font l’objet d’importants travaux de recherche récents, notamment l’expansion des sociétés vikings durant l’optimum climatique médiéval, ainsi que l’émergence et le déclin de l’Empire romain en Europe et sur le pourtour méditerranéen, et ceux de la civilisation maya en Mésoamérique. La reconstitution des séries climatiques repose sur l’analyse de paramètres géochimiques, géophysiques et paléobiologiques complexes, mesurés dans une diversité d’archives naturelles (arbres, sédiments lacustres et marins, stalagmites, glaces polaires et glaciers de montagne). En complément de l’expertise développée sur ces indicateurs, il est souvent nécessaire de recourir à la modélisation des climats du passé. Ces approches, à la fois empiriques et numériques, permettent d’évaluer les liens entre dynamiques climatiques et trajectoires sociohistoriques, en particulier lors des phases d’expansion, de transformation ou de déclin des sociétés étudiées. Ces analyses offrent ainsi un cadre pour apprécier la sensibilité et la résilience des populations face aux contraintes environnementales, et contribuent à éclairer nos choix contemporains face au changement climatique. Elles invitent toutefois à la prudence dans les comparaisons, dans la mesure où la société actuelle, mondialisée, se distingue profondément des sociétés passées, notamment par sa démographie et par sa connectivité à l’échelle planétaire.
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Cours
Climats et sociétés humaines depuis deux mille ans (suite)
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