Le cours de 2021-2022 s’est inscrit dans le cadre de la poursuite, entamée en 2018-2019, d’un examen des liens entre l’ontologie et la sémiotique, dont l’objectif était de montrer comment, face à nombre d’impasses où ont mené au XXe siècle divers « tournants » (linguistique, cognitif, notamment), une réflexion sur le langage, mais bien plus généralement sur les signes et sur les liens qu’ils tissent avec l’esprit et le monde, n’est pas nécessairement tributaire d’une métaphysique nominaliste. Au contraire, il est possible d’inscrire la sémiotique dans une perspective logique, épistémologique, métaphysique et réaliste, comme en témoigne, au début du XXe siècle, le projet systématique entrepris par Charles Sanders Peirce. Pour ce faire, on s’était employé l’an passé à faire retour sur nombre de questions et d’auteurs qui, dans l’Antiquité, au Moyen Âge, puis à l’époque moderne, avaient tenté, avec plus ou moins de bonheur, de se livrer à l’exercice.
Il s’agissait, cette année, de poursuivre l’élucidation des relations entre ces trois termes fondamentaux que sont le langage, l’esprit et la réalité, en montrant pourquoi elle rend nécessaire l’examen de la question classique de l’universel et son inscription dans l’étude de la querelle des universaux. Car celle-ci n’est pas un problème parmi d’autres de la philosophie, qui serait uniquement situé historiquement et techniquement : c’est le problème par excellence où se dessine avec clarté l’identité de la philosophie. Tant il est vrai que la réflexion toujours reprise sur la nature et le statut de l’universel et des universaux, au travers de ses élaborations et réélaborations diverses au cours de l’histoire, est le lieu où s’est opéré et s’opère, aujourd’hui encore, un examen approfondi et fertile en rebondissements des relations complexes qui se nouent entre les mots, les concepts et les choses.