Prêtre, naturaliste, archéologue et premier titulaire d’une chaire de Préhistoire au Collège de France à compter de 1929, Henri Breuil pratique l’étude de la Préhistoire et lui donne ses fondements scientifiques avec des méthodes empiriques et des protocoles de description de terrain normalisés.
Bien qu’il discute de l’ancienneté de l’humanité dans un contexte de débats religieux et scientifiques, il s’attache avant tout au travail de terrain, entre fouilles et relevés pariétaux. Il conduit alors des recherches qualifiées d’ « ethnographie préhistorique ».
Ses travaux sur les grottes d’Altamira, de Font-de-Gaume, de Niaux, des Combarelles et de Lascaux, par exemple, ont permis d’établir une chronologie stylistique du Paléolithique supérieur (Aurignacien–Magdalénien). De surcroît, il introduit une approche comparative entre sites européens et africains (notamment en Namibie et en Afrique du Sud), situant l’art rupestre dans un cadre d’interprétation sociale et symbolique.
Au Collège de France (1929-1947), ses enseignements sur la Préhistoire, discipline encore marginale, combinaient ainsi : les observations de terrain, les relevés graphiques, la typologie lithique et des notions de chronostratigraphie, mais aussi la définition des grandes « écoles » graphiques du Paléolithique supérieur, avec la supposition d’un système de pensée complexe à l’origine de ces représentations, préfigurant une articulation entre la considération et l’investissement spatial des grottes et la cohésion des structures sociales préhistoriques.
Notice rédigée par Juliette Henrion (docteure rattachée à la chaire de Paléoanthropologie, CIRB-Collège de France-CNRS /UMR 7241 - Inserm U1050).