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Les débuts de la philosophie juive dans l’Antiquité

Éditions du Collège de France
Édition imprimée

Auteur(s)

Présentation

Au cours de l’époque hellénistique, certains auteurs juifs entreprennent d’explorer des voies de convergence entre tradition juive et pensée grecque. Nous sommes alors aux premiers temps de l’histoire de la philosophie juive. Bien souvent, les préoccupations des penseurs de cette période ont été réduites à de simples dichotomies : judaïsme et hellénisme, philosophie et Loi juive, judaïsme et mythe grec. Or la question est plus complexe.

René Bloch s’attache à déconstruire ces représentations en convoquant l’œuvre de Philon d’Alexandrie, exégète et philosophe de l’époque hellénistique et romaine. Il analyse ses travaux sur le cosmopolitisme, la pensée mythologique juive et grecque, le mysticisme et les rêves, avant d’interroger le thème fondamental de la diaspora juive. Plongeant au cœur des discussions et des contradictions théoriques de la philosophie juive ancienne, il donne à saisir sa place remarquable dans le monde gréco-romain et la manière dont elle a contribué à façonner la philosophie de l’Antiquité.

René Bloch est professeur d’études juives à l’université de Berne, spécialiste de la littérature et de l’histoire de l’ancien judaïsme. Ses travaux portent principalement sur le judaïsme hellénistique, mais il a également consacré de nombreux ouvrages, en anglais et en allemand, à l’ethnographie gréco-romaine, à l’histoire de l’antisémitisme et au mythe dans la pensée juive.

ISBN
978-2-7226-0877-1
Date de parution
Langue
français
Nombre de pages
120
Prix
18.00 €
Diffusion
FMSH-Diffusion
Format
Édition imprimée

Sommaire

Avant-propos

La Torah et le cosmopolitisme
Première conférence

Mythologie juive, mythologie grecque
Deuxième conférence

Les rêves et les cultes à mystères
Troisième conférence

L’idée d’un déterminisme géographique et la diaspora juive
Quatrième conférence

Conclusion

Abréviations et bibliographie

Extraits

Philon d’Alexandrie, le premier philosophe juif dont nous pouvons vraiment appréhender la pensée, et ce, grâce à la conservation d’une grande partie de ses œuvres, est avant tout un auteur qui réfléchit aux grandes questions de la philosophie de son temps : la divinité, le destin, le bonheur. Selon Julius Guttmann, Philon « considère le judaïsme comme une doctrine philosophique, en ce sens qu’il contient l’ensemble d’un système philosophique ». Ou, pour citer Philon, la philosophie est « la vision du monde et des choses qui y sont », vision dont il sait n’être pas l’inventeur, n’hésitant pas à parler d’une « tradition philosophique » dans le judaïsme, d’une patrios philosophia. Cette philosophie judéo-hellénistique ne serait-elle pas simplement la version juive d’un concept grec ? Oui et non. Si les influences des philosophies grecques nous apparaîtront évidentes dès le premier chapitre, c’est plutôt le dialogue, le discours commun et les différences qui retiendront notre attention. Juifs et non­-Juifs posent en effet les mêmes questions philosophiques. Philon compare d’ailleurs le récit mosaïque de la création du monde avec les explications de Platon, de Pythagore et d’autres philosophes.