Fils d’un artiste peintre et d’une musicienne américaine, Jacques Monod (1910-1976) obtient sa licence en 1931 et, après avoir enseigné à la faculté, est reçu docteur en sciences naturelles en 1941. Entre-temps, il a accompagné un voyage de Jean-Baptiste Charcot au Groenland (1934), effectué un stage à la station marine de Roscoff (1929) et un autre auprès du généticien Thomas Hunt Morgan au California Institute of Technology (1936). Mélomane accompli, il dirigea des orchestres symphoniques pendant son séjour aux États-Unis.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, il s’engage tôt dans la Résistance, puis dans le commandement militaire français.
Après la Libération, il intègre l’Institut Pasteur en tant que directeur de laboratoire dans le département d’André Lwoff. Il y devient en 1954 directeur du département de Biochimie cellulaire.
Publiés en 1961, ses travaux réalisés avec François Jacob ont établi que l’activité des gènes est finement contrôlée en fonction des besoins de la cellule. Ils démontrent l'existence et l’action coordonnée de séquences régulatrices, de répresseurs et de l’ARN messager. Cette découverte a profondément transformé la biologie moléculaire et ouvert la voie à l’étude moderne des réseaux de régulation génétique. Le modèle de l'opéron qu'ils proposent en 1961 a transformé la vision du génome, désormais considéré non plus comme une simple collection de gènes, mais comme un ensemble de programmes régulés et coordonnés.
Cette découverte a profondément marqué la biologie moléculaire en établissant que l’expression des gènes est un processus dynamique et finement régulé, ouvrant ainsi la voie à la compréhension des réseaux de régulation qui gouvernent le fonctionnement, l’adaptation et la différenciation des cellules.
En 1967, il est élu professeur au Collège de France, puis en 1971 nommé directeur de l'Institut Pasteur.
Jacques Monod a poursuivi ses recherches sur la régulation biochimique de l’activité des protéines. Avec Jeffries Wyman et Jean-Pierre Changeux, il formule le modèle de l’allostérie, qui explique comment la fixation d’une molécule en un site donné peut modifier la conformation et l’activité d’une enzyme. Les travaux de Monod sur l’allostérie ont nourri sa réflexion sur les mécanismes de régulation du vivant, réflexion qu’il a élargie à une perspective philosophique dans Le Hasard et la Nécessité, publié en 1970, succès international de librairie traduit en dix-sept langues.
L’Institut Jacques-Monod est baptisé en son honneur et poursuit des recherches fondamentales en biologie.
Notice rédigée par Ronan Le Guen (Collège de France) et Olivier Espéli (CIRB).