Personne

Timothée Brunet-Lefèvre

Ingénieur-chercheur au Collège de France, directeur de rédaction de la revue d'histoire actuelle "Entre-Temps"

Présentation

Timothée Brunet-Lefèvre est docteur en études politiques de l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS). Il occupe depuis la rentrée 2026 le poste d’ingénieur-chercheur lié à la chaire Histoire des pouvoirs en Europe occidentale, XIIIe-XVIsiècle de Patrick Boucheron. Parmi ses missions au Collège de France, il assure la direction de rédaction d’Entre-Temps, revue d’histoire actuelle dédiée à la fabrique de l’histoire et à la pluralité de ses formes d’écriture et de transmission.

Pour sa thèse – prochainement publiée aux Presses universitaires de France –, il s’est intéressé au jugement du génocide des Tutsi du Rwanda en France, en s’appuyant sur les archives audiovisuelles des procès de ressortissants rwandais à Paris et en réalisant une ethnographie de la cour d’assises. Des années après les massacres et loin du Rwanda, ces procès constituent des sources inestimables pour écrire l’histoire du génocide, à travers la voix des témoins et des victimes venus devant une justice qui leur est étrangère. Malgré la distance, le prétoire devient un espace didactique et un lieu de résonance du génocide, jusque dans ses dimensions les plus locales. Il y transparaît aussi des mémoires conflictuelles, nourries par le face-à-face qui oppose les rescapés aux accusés. Boursier de la Fondation pour la mémoire de la Shoah dans le cadre de cette recherche (puis lors d’un postdoctorat ultérieur), il fut récompensé du prix de la Fondation Auschwitz en 2025.

Ses travaux récents portent sur les trajectoires d’intellectuels rwandais accusés de génocide en Europe. À l’heure actuelle, il s’intéresse aux usages judiciaires et publics de l’histoire, notamment par rapport aux commissions historiques appelées à statuer sur le passé. Cofondateur du Réseau international des chercheuses et chercheurs à l’épreuve des violences extrêmes (Riceve), il a contribué à plusieurs missions de recherche sur les scandales de violences sexuelles dans l’Église catholique, notamment au sein de la Commission d’enquête indépendante sur les violences commises à Notre-Dame de Bétharram (CEIB).