18:00 à 19:00
Leçon inaugurale

Contenu empirique des théories économiques

Werner Hildenbrand
18:00 à 19:00
En libre accès, dans la limite des places disponibles
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Dans mon cours : « Demand e globale : théorie et preuves empiriques », j'ai traité surtout des problèmes d'agrégation, c'est-à-dire, j'ai analysé le passage de la modélisation microéconomique aux effets macroéconomiques. Le problème d'agrégation m'a amené à analyser la structure de la fonction de demande globale d'une population hétérogène des ménages — en particulier, la Loi de la demande — et la structure dynamique de la fonction de consommation de Keynes. Mon cours peut être vu comme une continuation des cours de M. Malinvaud (en particulier, de l'année 1988-1989) parce que M. Malinvaud a mis en évidence dans son enseignement, d'une part, l'importance du problème d'agrégation pour la macroéconomie et, d'autre part, les difficultés conceptuelles et méthodologiques de l'agrégation. 

Dans la littérature, il est bien connu que la théorie microéconomique traditionnelle (essentiellement les hypothèses de rationalité sur le comportement individuel), sans la compléter par d'autres hypothèses, ne permet pas d'obtenir des propriétés intéressantes et utiles pour la fonction de demande globale. Le problème d'agrégation est défini comme le passage des lois établies pour les comportements individuels aux lois valables entre les grandeurs globales. Donc, on a toujours posé la question : quelles propriétés sont préservées par l'agrégation ?, ou, quelle propriété de la demande globale est héritée par les demandes individuelles ? Cette approche du problème d'agrégation n'a pas donné des résultats acceptables. Dans le cours, je propose un autre point de vue. Ne faut-il pas, au contraire, s'attendre à ce que la demande globale possède des propriétés qui ne sont pas partagées par les demandes individuelles si la population des ménages est hétérogène ? L'agrégation par rapport à une population hétérogène devrait créer des propriétés.

L'hétérogénéité de la population qui mène à des propriétés intéressantes de la fonction de demande globale est précisée par l'hypothèse de la « dispersion 938 WERNER HILDENBRAND croissante ». Soit v(x) la distribution des vecteurs des dépenses de la souspopulation des ménages qui ont un revenu disponible x, cov v(x) la matrice de covariance de cette distribution, et ξ la densité de la distribution des revenus disponibles. Alors l'hypothèse de la dispersion croissante exprime que la matrice :

∫ ∂ₓ cov ν(x) ξ(x) d x

est semi-définie positive. Cette hypothèse peut être falsifiée par les données empiriques. La falsification empirique des hypothèses a joué un rôle important dans les cours. C'est pour cette raison que j'ai discuté en détail les données empiriques : Enquête Budget de Famille et Family Expenditure Survey. Avec les méthodes statistiques non-paramétriques on peut, en effet, montrer que l'hypothèse de la dispersion croissante et des hypothèses similaires, ont un très fort support empirique. Une grande partie du cours est publiée récemment dans mon livre : Market Demand: theory and empirical evidence, Princeton University Press, 1994.