Marie-Hélène Verlhac, médaille d'argent du CNRS 2021

11 mars 2021

Marie-Hélène Verlhac

Les recherches de Marie-Hélène Verlhac (chef d’équipe, DRCE1 CNRS), directrice du Centre interdisciplinaire de recherche en biologie (CIRB) du Collège de France, portent sur les étapes ultimes de l’ovogenèse chez les mammifères. Ancienne élève de l’École normale supérieure de Lyon, après une thèse à l’université Pierre-et-Marie-Curie et un stage postdoctoral à l’université de Californie à San Francisco, elle est recrutée au CNRS et démarre son équipe en 2002 dans l’UMR 7622. Son objectif : comprendre comment, grâce à deux divisions cellulaires originales et très asymétriques en taille, les ovocytes préservent leurs précieuses réserves, accumulées lors de leur croissance dans les ovaires, leur donnant la capacité à se transformer en embryons viables après fécondation. Comment les espèces qui utilisent la reproduction sexuée pour se propager ont sélectionné un mode de division hasardeux reposant sur des cellules, à l’origine de tout nouvel individu, qui séparent leur patrimoine génétique en faisant de nombreuses erreurs ? Son équipe rejoint le CIRB en 2011 grâce à un appel à projets international.

Ses recherches ont été pionnières dans l’étude des mécanismes contrôlant la formation et le positionnement asymétrique des fuseaux méiotiques d’ovocytes de souris, dépourvus de centrosomes canoniques, ces centres majeurs d’organisation des microtubules dans la plupart des cellules. Utilisant des approches combinées de génétique, de double-hybride, d’imagerie cellulaire in vivo, son équipe a identifié des voies d’assemblage des fuseaux, spécifiques à l’une ou l’autre des deux divisions méiotiques. Leurs travaux ont aussi permis de comprendre pourquoi ces cellules sont de si mauvaises élèves pour répartir entre les cellules filles, leurs chromosomes. Son équipe, codirigée depuis 2019 par Marie-Émilie Terret, DR2 Inserm, a découvert l’importance de la mécanique ovocytaire sur le contrôle du positionnement du noyau et du fuseau dans ces énormes cellules. Ces mécanismes permettent de préserver qualitativement et quantitativement les stocks d’origine maternelle qui confèrent à l’ovocyte tout son potentiel développemental.

L’importance de ses découvertes sont reconnues internationalement comme en attestent notamment sa nomination à l’EMBO, l’obtention du prix d’Embryologie Albert Brachet de l’Académie royale des sciences de Belgique et maintenant cette médaille d’argent du CNRS, attribuée en reconnaissance de l’ensemble de ses contributions scientifiques.