Épisode 1 : Ultima verba

Proust sioniste

1. Ultima verba

Le point de départ de mon enquête est une phrase de Proust, souvent citée, à la manière d’ultima verba sur la question juive. Dans ses dernières années, Proust aurait confié à un correspondant dont l’identité nous reste inconnue (du moins pour le moment) : « Il n’y a plus personne, pas même moi, puisque je ne puis me lever, qui aille visiter, le long de la rue du Repos, le petit cimetière juif où mon grand-père, suivant le rite qu’il n’avait jamais compris, allait tous les ans poser un caillou sur la tombe de ses parents. »

Figure 2 cimetière du Père-Lachaise, 7division.

Sous l’Empire, par un décret du 15 juin 1809, le préfet de la Seine mit à la disposition du consistoire israélite de Paris une parcelle du cimetière nord de la capitale, dit du Père-Lachaise. L’arrière-grand-père de Proust, grand-père de Mme Proust, née Jeanne Weil, Baruch Weil, né en Alsace en 1782, s’étant enrichi dans la porcelaine à Fontainebleau, fut un membre éminent de la communauté israélite de Paris après l’émancipation. Il fut inhumé dans le carré israélite du Père-Lachaise à sa mort en 1828. Deux sépultures familiales s’y trouvent : l’une des plus anciennes, peu après l’ouverture du cimetière juif, fut destinée à Hélène Schoubach (1787-1811), la première femme de Baruch Weil, la mère, parmi ses cinq enfants, de Godchaux Weil (1806-1878), leur fils aîné survivant, collaborateur assidu des Archives israélites de France, périodique du judaïsme réformé, dans les années 1840 sous le nom de Ben Lévi[1] ; une autre tombe abrite les restes de Baruch Weil et de sa seconde femme, Marguerite Nathan (1785-1854)[2], la mère, parmi ses six enfants, de Nathé (1814-1896) et de Louis Weil (1816-1896), le grand-père et le grand-oncle de Proust.

Ben Lévi, donc Godchaux Weil, grand-oncle de Proust, lequel rendit longtemps des visites à sa veuve, née Friedel ou Frédérique Zunz (1823-1897), publia en 1841 dans les Archives israélites une longue mise au point sur les « Cimetières israélites de Paris », au Père-Lachaise et à Montmartre. Il y rappelait que de tout temps « le respect pour les morts s’est conservé pur » chez les Israélites[3]. La parcelle israélite du cimetière nord où se trouve la tombe des arrière-grands-parents de Proust, comme celle du cimetière ouest, fut entourée de murs jusqu’en 1881, date à laquelle ces enceintes furent abattues à la suite du vote de l’une des premières lois républicaines de neutralité[4].

Figure 3 Ben Lévi, « Cimetières israélites de Paris », Archives israélites de France, mai 1841.

Quant à la petite pierre déposée sur la tombe lors d’une visite au cimetière, notamment à la veille de Roch Hachana ou de Yom Kippour, diverses explications de ce rite immémorial sont avancées. Il pourrait ainsi garder la trace des inhumations archaïques sous un tumulus simplement marqué d’un tas de pierres. Quelles que soient son origine et ses variantes (certaines voudraient que la pierre soit retirée après la prière, avant de quitter le cimetière), cette coutume symbolise le souvenir des morts, la perpétuation de leur mémoire.

Si l’on en croit Proust, Nathé Weil, son grand-père, posait un caillou sur la pierre tombale de son père Baruch et de sa mère Marguerite ; il accompagnait certainement son geste de la récitation d’un kaddish, la prière des morts, mais il n’en comprenait plus la signification. Il ne semble pas concevable que la tradition se fût à ce point perdue dans la famille Weil à la génération de Nathé, fils de Baruch et demi-frère de Godchaux, dit Ben Lévi, tous deux bienfaiteurs de la communauté, réformistes modérés, partisans de l’intégration civique des juifs français, mais non de leur assimilation totale, de l’absorption de leur culture, et sensibles au maintien des coutumes religieuses anciennes dans la France moderne. Dans le conte « Les poissons et les miettes de pain », Ben Lévi prend ainsi la défense de la coutume du Tachlich (pour Roch Hachana, vider dans l’eau ses poches remplies de miettes de pain représentant ses fautes)[5]. Il est aussi l’auteur d’un manuel pour les enfants, Les Matinées du samedi. Livre d’éducation morale et religieuse à l’usage de la jeunesse israélite, publié par les Archives israélites en 1842, avec une préface de Samuel Cahen (1796-1862), le fondateur des Archives israélites en 1840, leur directeur éternel (ses fils et petit-fils lui succédèrent), traducteur de la Bible en français[6]. Cet ouvrage, largement diffusé, connut au moins quatre éditions jusqu’à la fin du XXsiècle. Comment imaginer que Proust (qui, notons-le en passant, ne fut pas le premier écrivain de sa famille) ne l’ait jamais feuilleté dans sa jeunesse, ne fût-ce qu’en rendant visite à ses grands-parents ?

Proust Figure 4

Figure 4 Archives israélites, 10 juin 1897 et 15 août 1907.

Les Archives israélites faisaient encore de la publicité pour Les Matinées du samedi en 1907[7], au moment où Proust se remit à écrire après deux années du deuil qui suivit la mort de sa mère et conçut les premiers rudiments d’À la recherche du temps perdu. Le symbolisme du caillou déposé sur le tombeau ne pouvait pas être ignoré du grand-père de Proust, et il est tout à fait improbable qu’il ne l’ait pas expliqué à son petit-fils, ni qu’il ne lui ait fait accomplir le geste rituel à son tour.

Afin de résumer le point de vue de Proust sur sa judéité, voire pour signifier qu’il ne se considérait pas comme juif, ces ultima verba sont cités un peu partout dans les bons livres, par André Maurois, qui la plaçait « vers la fin de sa vie », dans À la recherche de Marcel Proust[8], Jean-Yves Tadié dans sa biographie Marcel Proust[9], Évelyne Bloch-Dano dans Madame Proust[10], mais, curieusement, personne ne met de note en bas de page ni ne donne de source ni de référence. Voilà des mots ailés qui se transmettent depuis des décennies sans que nous sachions d’où ils viennent. Or ils sont importants, essentiels même, et pourraient tout aussi bien indiquer un attachement nostalgique de l’écrivain à ses origines juives. Alice Kaplan, la traductrice de Madame Proust en anglais, ajoute une note signalant que Maurois fut le premier à citer la phrase en question[11].

Parti en quête de mentions plus anciennes et remontant le cours des années, je suis vite tombé sur les mêmes mots chez Georges Cattaui, dans une note au chapitre « Proust et les Juifs » de son livre L’Amitié de Proust, publié en 1935 dans « Les Cahiers Marcel Proust » chez Gallimard, mais dont la rédaction, suivant une mention portée à la dernière page du volume, daterait de 1930. La phrase y est précédée d’une indication précieuse : « Voir André Spire : “Marcel Proust” (Jewish Chronicle, mai 1923) et Quelques Juifs et demi-Juifs (Grasset)[12]. »

Proust Figure 5

Figure 5 Georges Cattaui, L’Amitié de Proust, 1935.

En raison de la notoriété de son auteur et de sa longue contribution aux études proustiennes, durant plus d’un demi-siècle, depuis les années 1920 jusqu’aux années 1970, le livre de Cattaui semble bien être à l’origine de la dissémination ultérieure du propos chez Maurois, Tadié, Bloch-Dano et alii. De fait, avant 1935 (ou même 1930, si le livre fut bien composé à cette date), Cattaui citait la phrase dans un article, l’un des premiers sur le sujet qui me préoccupe, déjà intitulé « Proust et les Juifs », et publié dans un périodique sioniste français, Palestine, en juillet 1928[13]. J’aurai l’occasion de reparler de cette publication.

Mais Cattaui n’était donc pas le premier. Avant lui, la citation aurait figuré sous la signature d’André Spire, dans le chapitre « Marcel Proust » de ses Quelques Juifs et demi-Juifs, paru également en 1928 : « Il n’y a plus personne, écrivait-il, il n’y a pas longtemps, à un ami, pas même moi, puisque je ne peux me lever, qui aille visiter, le long de la rue du Repos[14] », etc.

Proust Figure 6

Figure 6 André Spire, Quelques Juifs et demi-Juifs, 1928.

Une légère variante est toutefois notable entre le texte de Spire (« puisque je ne peux me lever ») et celui de la tradition reprise par Maurois, Tadié, Bloch-Dano et alii (« puisque je ne puis me lever »). La transmission se complique, puisque Cattaui écrivait « puisque je ne peux me lever » en 1928 dans Palestine et encore en 1930 ou 1935 dans L’Amitié de Marcel Proust, comme Spire, et que ce fut seulement dans Marcel Proust. Proust et son temps, Proust et le temps, en 1952, qu’il se mit à écrire « puisque je ne puis me lever »[15], comme Maurois en 1949. Pourquoi Cattaui substitua-t-il en 1952 au « je ne peux » de Spire en 1928 le « je ne puis » de Maurois en 1949 ? Comment expliquer cette variante ? Par une correction après un retour au document, ou par une coquille ou une coquetterie ? Impossible de trancher pour le moment.

Mais remontons encore dans les années. Dans Quelques Juifs et demi-Juifs, Spire date son chapitre sur « Marcel Proust » du 4 décembre 1922, à peine quinze jours après la mort de Proust le 18 novembre 1922 ; ce chapitre, autre détail frappant, est dédié justement à Georges Cattaui. Quelques pages extraites du milieu de ce chapitre[16] ont d’abord paru dans la presse parisienne, quelques mois après la mort de Proust, sous le titre « Marcel Proust et les Juifs », en première page des Nouvelles littéraires du 28 juillet 1923. On a pu y lire, avec une ponctuation un peu plus économe que dans le livre de 1928 : « Il n’y a plus personne, écrivait-il il n’y a pas longtemps à un ami, pas même moi, puisque je ne peux me lever, qui aille visiter, le long de la rue du Repos[17] », etc.

Proust Figure 7

Figure 7 André Spire, « Marcel Proust et les Juifs », Les Nouvelles littéraires, 28 juillet 1923.

Or ce chapitre de Quelques Juifs et demi-Juifs, enchâssant l’extrait des Nouvelles littéraires de juillet 1923, était lui-même, comme la note de Georges Cattaui le suggérait, la version originale en français d’un article de Spire paru dès mai 1923 en traduction anglaise, sous le titre « Marcel Proust », dans The Jewish Chronicle[18]. Ainsi, les ultima verba de Proust sur sa judéité apparurent pour la première fois dans la langue de Shakespeare, le 25 mai 1923 : « “There is no longer anybody,” he wrote not long ago to a friend, “not even myself, since I cannot leave my bed, who will go along the Rue du Répos [sic] to visit the little Jewish cemetery where my grandfather, following a custom that he never understood, went for so many years to lay a stone on his parents’ grave[19]. »

Proust Figure 8

Figure 8 André Spire, « Marcel Proust », The Jewish Chronicle, 25 mai 1923.

The Jewish Chronicle, hebdomadaire fondé en 1841, le plus ancien périodique juif publié sans interruption jusqu’en avril 2020[20], a été racheté en 1907 par des proches de l’Organisation sioniste mondiale et se trouve depuis cette date en conflit avec une partie de la communauté juive locale et avec le judaïsme officiel, dont le Conseil des représentants des juifs britanniques (Board of Deputies of British Jews). Cet hebdomadaire était alors très influent. En 1917, le gouvernement britannique, avec lequel les relations de la Jewish Chronicle étaient étroites, retarda la diffusion de la déclaration Balfour afin qu’elle pût être divulguée dans sa livraison du 9 novembre 1917. Par la suite, l’hebdomadaire n’en fut pas moins critique des lenteurs de Chaïm Weizmann, président de l’Organisation sioniste mondiale à partir de 1921, dans l’établissement d’un foyer national juif en Palestine[21]. André Spire, qui s’était déclaré sioniste dès 1904 et qui, assistant au XCongrès sioniste à Bâle en août 1911, écrivait alors à sa mère : « Ce n’est pas de l’assimilation que j’attends notre régénérescence, l’Assimilation c’est la mort. Le Sionisme c’est la Vie[22]. » Ayant servi d’agent de liaison avec les dirigeants de l’OSM lors de la conférence de la Paix en 1919 à Paris, était bien connu à la Jewish Chronicle, qui note la présence d’« André Spire, the well-known Jewish writer » (« l’écrivain juif bien connu »), à l’enterrement au cimetière Montparnasse de Max Nordau, décédé à Paris le 22 janvier 1923[23], ou qui signale qu’Israel Zangwill, dans son allocution d’ouverture de l’American Jewish Congress en octobre 1923 à New York, a loué « the young poets of the Diaspora, arraigning the so-called civilisation of Christendom. You can hear it in Paris from Fleg and Spire and Cohen[24] » (« les jeunes poètes de la Diaspora, chargeant la prétendue civilisation de la chrétienté. Vous pouvez l’entendre à Paris chez Fleg et Spire et Cohen »)[25]. Ainsi s’explique la présence, tout de même déconcertante, d’une longue nécrologie de l’auteur d’À la recherche du temps perdu dans l’organe le plus influent du sionisme politique en langue anglaise dès mai 1923.

Or, promues de la sorte, ces pages furent aussitôt reproduites dans divers hebdomadaires de la communauté juive de la Diaspora, un peu partout aux États-Unis, jusqu’à Chicago, Philadelphie, Pittsburgh, Saint Paul et Minneapolis[26]. Le Jewish Correspondence Bureau, agence de presse de l’Organisation sioniste mondiale, avait reconnu que l’écrivain pouvait servir sa cause et répandit l’article de Spire.

Figure 9 The Jewish Exponent, 13 juillet 1923 ; The Jewish Criterion, 27 juillet 1923.

André Spire était donc au fait de ces ultima verba dès le moment de la mort de Proust en novembre 1922. Mais qui était le destinataire de la lettre, l’ami à qui Proust écrivait « il n’y a pas longtemps » ? Spire lui-même ? Mais il n’aurait eu aucune raison de se dissimiler dans l’anonymat. Ou Cattaui, qui deviendra le dédicataire du chapitre de Spire sur Proust en 1928 ? Sinon, comment Spire y aurait-il eu accès pour les citer le premier ? Selon Louis Gautier-Vignal, dans sa nécrologie de Cattaui, celui-ci n’aurait pas connu Proust et le regrettait[27]. Mais intitule-t-on un livre L’Amitié de Proust quand on ne l’a jamais rencontré ? Paul Morand, dans sa préface au livre de Cattaui fait de celui-ci « [u]n des derniers venus dans l’amitié de Proust[28] », entretenant l’équivoque. Il est vrai que Cattaui ne prétend jamais lui-même qu’il fréquenta Proust, et la « lettre inédite » qu’il joint à son livre et qu’il annonce en couverture pour attirer le lecteur, ne lui est pas adressée, puisque c’est une dédicace assez banale à un certain docteur Abel Desjardins[29]. À Genève, le fonds Cattaui renferme une lettre à Proust, écrite durant un séjour en Égypte et datée du 10 août 1922[30]. Fut-elle envoyée ? Nous l’ignorons et nous ne disposons pas de lettres de Proust ni à Cattaui ni à Spire. Ainsi, l’énigme du destinataire des ultima verba de Proust sur sa judéité reste irrésolue pour l’instant.

Une lettre de Spire à l’un de ses amies, la poète et traductrice Ludmila Savitsky, datée du 30 juillet 1923, donne des précisions très intéressantes sur la publication de l’article des Nouvelles littéraires deux jours plus tôt : « Vous avez dû voir dans les N[ouve]lles litt[éraires] un extrait de mon “Proust”. Il a été fait par M[artin] d[u] G[ard] lui-même, et je ne trouve pas qu’il ait mis le meilleur. Bien entendu le titre “tapageur” a été choisi, et imposé en quelque sorte par eux[31]. » Ainsi, Maurice Martin du Gard, le directeur des Nouvelles littéraires, jeune et ambitieux hebdomadaire lancé moins d’un an plus tôt, en octobre 1922, aurait été le responsable non seulement du découpage (il n’a pas « mis le meilleur ») de l’article de Spire, mais aussi et surtout de son titre : « Du côté de chez Swann : Marcel Proust et les Juifs », que Spire semble désapprouver ou qui paraît le gêner. Il le juge tape-à-l’œil, peut-être scandaleux, même s’il reconnaît son efficacité, puisqu’il concède aussitôt : « Mais voilà l’idée du judaïsme de Proust lancée dans le public français. Cela me paraît nécessaire. Et tout le monde saura que le Proust patronné par Daudet et Barrès avait du sang juif. Mais comment le public littéraire va-t-il prendre cela ? Heureusement qu’il est en vacances et pense plus aux bains de mer qu’à la littérature[32] ! » Spire ne se sent pas tout à fait à l’aise, comme en témoignent les heurts et détours de son raisonnement. Il juge utile ou même indispensable que la judéité de Proust soit connue de ses lecteurs, ne serait-ce que pour gêner sa préemption par les disciples de Barrès (qui mourra avant la fin de l’année) et de Léon Daudet (qui a soutenu Proust pour le prix Goncourt), c’est-à-dire du côté de la droite nationaliste et de l’Action française. Dévoilant leur usurpation, se peut-il qu’il ait lui-même quelque visée sur Proust et cherche à se l’approprier ? Cependant il se soucie des dommages que pourrait causer son article, et il termine par une pirouette en espérant n’être pas lu en pleine saison estivale, ce qui a tout de même l’air d’une dénégation. Ludmila Savitsky, quant à elle, ne se précipita pas chez son kiosquaire (traductrice de Joyce, on verra qu’elle n’était pas une proustienne inconditionnelle), et elle répondit à Spire deux jours plus tard : « Je n’ai pas encore lu les N[ouve]lles littéraires et l’article sur Proust…[33]. »

Ainsi, André Spire aurait été le premier à publier une étude abordant de front la question de la judéité de Proust, le premier à avoir « lancé » l’idée du « sang juif » de l’écrivain, certes un peu malgré lui, et non sans inquiétude, puisque le titre voyant doit être attribué à Maurice Martin du Gard, mais c’est bien Spire, jusqu’à preuve du contraire — et d’abord en anglais, dans l’hebdomadaire sioniste même où la déclaration Balfour fut rendue publique en 1917 —, qui se trouve à l’origine de la tradition qui a propagé jusqu’à nous le propos de Proust sur le cimetière juif de la rue du Repos, toutefois sans avoir été lui-même le destinataire de la lettre.

Antoine Compagnon

Notes

[1] Sa première contribution est une fable de l’assimilation, « Première lettre d’un humoriste : les trois générations », Archives israélites de France, t. I, octobre 1840, p. 527-530. Parmi ses récits, voir par exemple « Mémoires d’un colporteur juif, écrits par lui-même », Archives israélites de France, t. II, novembre 1841, p. 686-691, et t. III, août 1842, p. 459-466 http://www.bibliotheque-numerique-aiu.org/idurl/1/19226 (la première partie a été rééditée par Maurice Samuels dans Les Cahiers du judaïsme, n° 29, 2010, p. 27-31). Voir sa nécrologie dans les Archives israélites, t. XXXIX, n° 12, 15 juin 1878, p. 381, et n° 13, 1er juillet 1878, p. 406-407. Sur Ben Lévi, voir M. Samuels, Inventing the Israelite. Jewish Fiction in Nineteenth-Century France, Stanford, CA, Stanford University Press, 2010, p. 74-111.

[2] 7e division, 2e ligne, AE, 25 ; voir Frédéric Viey, « Historique du carré israélite du cimetière du Père-Lachaise » ; Gilles Plaut, Cimetière du Père-Lachaise. Division israélite, Cercle de Généalogie juive, 1999.

[3] Archives israélites de France, t. II, mai 1841, supplément, p. 323-333, ici p. 324.

[4] La loi du 14 novembre 1881 abrogea l’article 15 du décret impérial du 23 prairial an XII (12 juin 1804), qui imposait aux communes d’affecter une partie du cimetière ou de créer un cimetière spécialement affecté à chaque culte, et interdit tout regroupement par confession sous la forme d’une séparation matérielle du reste du cimetière ; cette loi, dite loi sur la neutralité des cimetières, l’une des lois républicaines de laïcisation, supprima donc les enclos protestants et juifs contigus aux cimetières catholiques ; elle fut combattue par la presse juive. Voir Pierre Birnbaum, La République et le cochon, Éd. du Seuil, 2013, p. 90.

[5] Ben Lévi, « Les poissons et les miettes de pain », Archives israélites, t. VII, octobre 1846, p. 630-638.

[6] Id., Les Matinées du samedi. Livre d’éducation morale et religieuse à l’usage de la jeunesse israélite, bureau des Archives israélites de France, 1842, 2 vol. ; 3éd., 1859 ; 4e éd., 1897 (voir Archives israélites, t. LVIII, n° 18, 6 mai 1897, p. 143). Sur Samuel Cahen, voir Phyllis Cohen Albert, The Modernization of French Jewry: Consistory and Community in the Nineteenth Century, [Waltham, MA], Brandeis University Press, 1977, p. 50 ; Jay R. Berkovitz, The Shaping of Jewish Identity in Nineteenth-Century France, Detroit, MI, Wayne State University Press, 1989, p. 132.

[7] Archives israélites, t. LVIII, n° 23, 10 juin 1897, p. 184 ; t. LXVIII, n° 33, 15 août 1907, p. 264.

[8] Hachette, 1949, p. 14; 1986, p. 10.

[9] Gallimard, 1996, p. 34.

[10] Grasset, 2004, p. 29 ; Le Livre de poche, 2006, 2018, p. 31.

[11] Chicago et Londres, The University of Chicago Press, 2007, p. 264 (note 14 de la p. 15).

[12] Gallimard, coll. « Les Cahiers Marcel Proust », n° 8, 1935, p. 203 (note 35 de la p. 104).

[13] Georges Cattaui, « Proust et les Juifs », Palestine, n° 5, février 1928, p. 196-205, ici p. 203.

[14] André Spire, Quelques Juifs et demi-Juifs, op. cit., t. II, p. 45-61, ici p. 56.

[15] Georges Cattaui, Marcel Proust. Proust et son temps, Proust et le temps, Julliard, 1952, p. 27 ; id., Proust perdu et retrouvé, Plon, coll. « La Recherche de l’absolu », 1963, p. 22.

[16] Les pages 53-60, de « La Société, sous Louis-Philippe et le Second Empire n’avait pas été hostile aux Juifs […] » à « […] on se demande souvent si Proust parle de lui-même ou de Swann ».

[17] Les Nouvelles littéraires, 28 juillet 1923, p. 1 ; l’article sera reproduit dans un quotidien d’Alexandrie, La Réforme, 14 août 1923, et un hebdomadaire du Caire, Israël, 21 août 1923, p. 2.

[18] The Jewish Chronicle Supplement, n° 29, 25 mai 1923, p. VI-VII. Burke, UTS, U-012016

[19] Ibid., p. VII.

[20] Il a cessé de paraître en avril 2020, victime de la pandémie du coronavirus : https://www.thejc.com/news/uk-news/an-announcement-from-the-jewish-chronicle-1.498949

[21] Voir David Cesarani, The Jewish Chronicle and Anglo-Jewry, 1841–1991, Cambridge et New York, Cambridge University Press, 1994, p. 103-133.

[22] Jean-Richard Bloch et André Spire, Correspondance, 1912-1947. « Sommes-nous d’accord ? », éd. Marie-Brunette Spire, Claire Paulhan, 2011, p. 20 (« Préface »).

[23] The Jewish Chronicle, 2 février 1923, p. 15.

[24] The Jewish Chronicle, 19 octobre 1923, p. 25.

[25] The Jewish Chronicle, 19 octobre 1923, p. 25.

[26] « Marcel Proust », The Reform Advocate (Chicago), 23 juin 1923, p. 755-760 ; « Marcel Proust — His Jewish Traits. Eminent French Writer’s Works Have Jewish Interest », The Jewish Exponent (Philadelphie), 13 juillet 1923, p. 1-2 ; The Jewish Criterion (Pittsburgh), 27 juillet 1923, p. 4-5, 8 et 26-27 ; The American Jewish World (Saint Paul et Minneapolis), 3 août 1923, p. 1, et 10 août 1923, p. 1 et 15. https://web.nli.org.il/sites/jpress/english/pages/default.aspx

[27] Louis Gautier-Vignal, Bulletin de la Société des amis de Marcel Proust, n° 25, 1975, p. 192-195, ici p. 194.

[28] Georges Cattaui, L’Amitié de Proust, op. cit.,p. 10.

[29] Ibid., p. 184.

[30] Papiers Georges Cattaui, Bibliothèque de Genève, Ms. fr. 5158, f. 120-122. http://w3public.ville-ge.ch/bge/odyssee.nsf/Attachments/cattaui_georgesframeset.htm/$file/cattaui_georges.pdf.

[31] Ludmila Savitsky et André Spire, Une amitié tenace. Correspondance, 1910-1957, éd. Marie-Brunette Spire, Les Belles Lettres, 2010, p. 437.

[32] Ibid.

[33] Lettre du 1er août 1923, ibid., p. 440.