L'écosystème de l'informatique quantique est en train de naître

Entretien avec Frédéric Magniez

1er juin 2021

Frédéric Magniez

Frédéric Magniez est professeur invité sur la chaire annuelle Informatique et sciences numériques du Collège de France, 2020-2021.

En 2019, Google annonçait avoir atteint ce que le physicien américain John Preskill a baptisé la « suprématie quantique ». Avec son processeur quantique Sycamore, le géant américain est en effet parvenu à résoudre un problème qu’aucun ordinateur classique n’aurait pu résoudre en un temps raisonnable. Même si ce problème n’avait a priori aucune application réelle, cette avancée technologique a fait forte impression dans la communauté des physiciens et des informaticiens. Pour autant, ce prototype est encore loin d’être suffisamment puissant pour être considéré comme un ordinateur quantique. Cela n’empêche pas les informaticiens théoriciens d’anticiper ce qui pourrait survenir avec l’arrivée d’une telle machine en imaginant de nouvelles idées algorithmiques. En France, Frédéric Magniez est un leader de cette recherche. Diplômé de l’ENS Cachan, agrégé de mathématiques et docteur en informatique théorique, il dirige depuis 2018 l’Institut de recherche en informatique fondamentale (IRIF). Ses travaux portent sur la conception et l’analyse d'algorithmes probabilistes pour le traitement des grandes masses de données, ainsi que sur le développement de l'informatique quantique et plus particulièrement la cryptographie et ses interactions avec la physique. Il occupe la chaire annuelle Informatique et sciences numériques du Collège de France, dédiée cette année aux algorithmes quantiques.