Ni victimes, ni héros : l'honneur malmené des résistants communistes belges et français au sortir de la Seconde Guerre mondiale

Les victimes ont détrôné les héros dans le panthéon des personnes célébrées par les sociétés occidentales. La morale de l’honneur qui animait lesdits héros et façonnait les mémoires collectives en sort désaffectée. Les archives des partis communistes belge et français nous découvrent des profils de militantes et de militants qui ne furent ni victimes (car ils furent activement engagés dans la résistance à l’occupant) ni héros (car leur loyauté fut mise en doute par les cadres du parti et des sanctions s’ensuivirent). L’intensité de leur quête de réhabilitation nous en dit long sur les « infrastructures morales » (Axel Honneth) d’une société juste et souligne l’irréductibilité, lourde de conséquences, de la distinction ami/ennemi. De l’ennemi, on peut endurer le pire sans dommage pour son intégrité, mais le bannissement par les amis est insupportable.