La diversification du Pléistocène moyen

La première sortie d’Afrique, il y a environ 1,8 million d’années, a été, très probablement, le fait de populations d’Homo erectus primitifs. Ces hommes avaient réalisé un modèle biologique et comportemental bien différent de celui de leurs prédécesseurs. Leur activité de prédation, en relation avec un régime alimentaire à forte composante carnée, apparaît clairement dans le registre archéologique, avec des sites qui mêlent industries lithiques et restes de faunes chassées ou charognées. Ils étaient adaptés à un mode de vie dans des espaces dégagés de tout arbre. Leur culture matérielle inclut les premières formes de l’Acheuléen dès 1,75 million d’années. C’est sans doute le développement d’une niche adaptative véritablement « humaine » qui a permis l’expansion de ces formes hors d’Afrique, dans les régions du sud de l’Eurasie. Les traces de ces premières occupations ne dépassent pas 40° de latitude nord. Les hommes ne vont coloniser les régions plus septentrionales que beaucoup plus tard. Dans les moyennes latitudes, leur dispersion est rythmée par les oscillations climatiques des cycles glaciaires/interglaciaires qui ont profondément altéré les paysages, les faunes et la géographie elle-même du continent européen. Ces fluctuations ont directement influencé les possibilités d’échanges de population entre différentes régions et les densités de peuplement. En Afrique et au Proche-Orient, avec une périodicité différente, c’est surtout le degré d’aridité et l’extension des déserts, au premier rang desquels le Sahara, qui ont varié.