Phénotype, fonction et génotype

Depuis une trentaine d'années, l'imagerie cérébrale non-invasive est devenue l'outil de choix pour quantifier la structure et le fonctionnement cérébral chez l'homme. Le principe des études d'imagerie est de rassembler des informations sur des structures cérébrales dont la variabilité est potentiellement associée à une variabilité comportementale ; par ailleurs, celle-ci pourrait être expliquée par la variabilité génétique. L'utilisation de l'imagerie permet donc une analyse corrélative qui se traduit sous forme de diagnostic, plutôt qu'une modélisation ou une explication causale des phénomènes.

Parmi les différents types d'imagerie, l'imagerie fonctionnelle est particulièrement précieuse car elle reflète l'activité neuronale elle-même, de sorte qu'on peut en espérer des marqueurs sensibles et précoces pour de nombreuses pathologies. Toutefois, dans la pratique, l'utilisation de l'imagerie fonctionnelle soulève beaucoup de difficultés et son impact clinique est actuellement modeste.

Dans ce séminaire, nous allons faire le point sur la quantification du fonctionnement cérébral que rend possible l'imagerie fonctionnelle non-invasive, en explicitant le potentiel et les limites des modalités d'observation actuelles.

Ensuite, nous allons décrire les deux types d'analyse corrélatives qui sont couramment effectuées : celles liant l'imagerie fonctionnelle au comportement et celles liant l'imagerie fonctionnelle avec des données génétiques. D'un point de vue méthodologique, nous discuterons les différents modèles d'association statistique disponibles pour l'analyse des corrélations entre les différents types de variables.

Enfin, nous conclurons par une analyse des défis que doit relever l'utilisation de la neuroimagerie fonctionnelle, ainsi que ceux relatifs à l'explication par des données génétiques.