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Françoise Combes, médaille d'or 2020 du CNRS

Françoise Combes

Françoise Combes, professeure du Collège de France, titulaire de la chaire Galaxies et cosmologie, membre de l’Observatoire de Paris, est la lauréate 2020 de la médaille d’or du CNRS, une des plus hautes et des plus prestigieuses distinctions scientifiques françaises. Françoise Combes est professeure du Collège de France depuis 2014, et vice-présidente de l’assemblée du Collège de France depuis septembre 2019.

Le Pr Thomas Römer, administrateur du Collège de France, s’est réjoui de cette annonce : « Après nos collègues Alain Connes, Serge Haroche, Philippe Descola, Gérard Berry et Claire Voisin, la remise de la médaille d’or 2020 du CNRS à Françoise Combes consacre un parcours scientifique exceptionnel, qui fait honneur au Collège de France et à l’excellence de la recherche française ».

Trois questions à Françoise Combes

Quelle étape le Collège de France a-t-il représenté dans votre parcours scientifique ?

Mon élection au Collège de France a été pour moi une consécration, une reconnaissance, en même temps que l’occasion de donner des cours à un vaste public très enthousiaste, motivé pour connaître les dernières découvertes, et  suivre la science en train de se faire dans les laboratoires. L’enseignement étant renouvelé chaque année, la préparation des cours sur des sujets différents amène à faire le point complet dans un domaine, et c’est la meilleure façon de perfectionner ses connaissances pour le professeur ! Il y a donc un lien très fort avec les activités de recherche. Le Collège représente aussi la chance de rencontrer et côtoyer de grandes personnalités dans tous les domaines, de participer à des discussions très enrichissantes.

Comment donnez-vous forme, dans vos enseignements, à la mission essentielle de diffusion des connaissances propre au Collège de France ? Quel sens a pour vous cette mission ?

Le public du Collège de France est très particulier et très varié. Il peut s’agir d’étudiants en thèse, qui doivent suivre une série de cours pour s’ouvrir à de nouveaux domaines, ou des amateurs passionnés par une discipline, scientifiques ou non, mais toujours très curieux. Mon domaine consiste à découvrir d’où nous venons, comment se sont formées toutes les structures, galaxies et étoiles qui nous entourent, et cette curiosité est universelle. Quel que soit son bagage de connaissance scientifique, l’auditeur doit pouvoir apprendre quelque chose, et avoir la joie de comprendre. J’essaie donc de dégager l’essentiel des connaissances sur un sujet donné, d’expliquer les principaux buts de notre recherche, avec juste les détails techniques nécessaires, afin que les découvertes soient compréhensibles. Il n’est pas nécessaire de tout comprendre, mais chacun doit pouvoir y trouver un enseignement. Cela demande un travail de traduction du langage de la recherche.

Quels conseils, quelles recommandations feriez-vous aujourd’hui à un jeune attiré par les sciences, ou à un jeune chercheur en début de carrière, parmi ceux qui écoutent vos cours au Collège de France ?

Les jeunes sont passionnés par la recherche, commencent une thèse et se demandent s’ils pourront continuer et trouver leur place dans ce domaine, en faire leur carrière. S’il est relativement facile de trouver un emploi temporaire pour 2 ou 3 ans, il est beaucoup plus difficile de décrocher un emploi permanent. Il ne faut pas se décourager, mais persévérer dans sa vocation pour réaliser son rêve. La recherche demande beaucoup de travail, mais apporte aussi beaucoup de satisfactions, et la joie de la découverte. J’encourage plus particulièrement les jeunes femmes à persévérer, car elles sont souvent plus sensibles aux incertitudes concernant leur avenir et leur famille.