10 fév 2015
09:30 - 11:00
Amphithéâtre Marguerite de Navarre, Site Marcelin Berthelot
En libre accès, dans la limite des places disponibles
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Le quatrième facteur clé de l’apprentissage est la consolidation. On appelle ainsi l’automatisation progressive des circuits qui sous-tendent un apprentissage. L’automatisation transfère les connaissances acquises du compartiment conscient vers des circuits spécialisés et non-conscients, libérant ainsi les ressources mentales pour de nouvelles tâches. L’imagerie cérébrale, au cours de la lecture ou du calcul mental, montre qu’au début d’un apprentissage se produit une activation massive des circuits de contrôle exécutif associés au cortex préfrontal. L’attention est fortement mobilisée, et les informations mémorisées sont traitées de façon explicite, consciente, séquentielle, avec effort. Progressivement, cette activité va se réduire, tandis qu’elle augmente dans certaines aires spécialisées des régions postérieures du cerveau. Dans le domaine de la lecture, par exemple, le déchiffrage initial de l’enfant se traduit par une augmentation linéaire du temps de lecture en fonction du nombre de lettres que contient un mot. À mesure que la lecture s’automatise, le temps de lecture s’accélère et devient constant quelle que soit la longueur du mot (entre 3 et 8 lettres). L’enfant peut alors se concentrer sur le sens du texte.

Le sommeil apparaît comme l’un des acteurs majeurs de la consolidation des apprentissages. Dès 1924, Jenkins et Dallenbach montrent que le temps de réponse s’accélère après une période de sommeil. Il faudra attendre les travaux de Karni et coll. (1994), puis ceux des équipes de Stickgold, Ribeiro, et Born, pour prouver que, sans aucun entraînement supplémentaire, les performances cognitives et motrices s’améliorent significativement et de façon durable après une période de sommeil, alors la perturbation du sommeil bloque sélectivement cette consolidation. Les rôles respectifs des différents stades de sommeil ne sont pas encore parfaitement établis, mais il semblerait que le sommeil profond à ondes lentes permette la consolidation et la généralisation des connaissances (mémoire déclarative), tandis que le sommeil paradoxal renforce les apprentissages perceptifs et moteurs (mémoire procédurale).