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L’année 2017-2018 a été consacrée au troisième volet d’un cycle de cours qui prend le parti de décentrer la civilisation chinoise, entreprise à la portée actuelle s’il en fut, à l’heure où la Chine se présente – et est perçue par le reste du monde – comme étant en pleine montée en puissance et en position de faire prévaloir une prétention à l’universalité qu’elle aurait exercée sur sa périphérie pendant des siècles.

Nous avons commencé par examiner ce qui a fait, à mon sens, le fondement d’une telle universalité, à savoir ce que j’ai appelé le « continuisme anthropo-cosmique de la culture ritualiste ». Nous nous sommes ensuite efforcés de montrer que ce continuisme est ancré dans une conception fortement centrée et hiérarchisée de la civilisation chinoise, conception qui se traduit par une représentation spatiale qui privilégie la figure géométrique hyper-stable du carré et le schéma du quadrillage.

La civilisation chinoise se projette donc comme une centralité très forte qui irradie son influence par ondes concentriques sans qu’il y ait de limites extérieures. Nous avons tenté d’en dégager les fondements symboliques, illustrés dans des traces archéologiques, des sources textuelles et des formules devenues canoniques, dont on note une cristallisation à l’époque Han, dynastie qui a duré quatre siècles entre le IIe siècle avant notre ère et le IIe siècle de notre ère, et qui a consolidé l’unification territoriale et la centralisation réalisées par Qin.

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