Catherine Llorens-Cortes est neuropharmacologue et neuroendocrinologue française reconnue internationalement pour ses recherches à l'interface des neurosciences et des maladies cardiovasculaires. Elle a dirigé pendant plus de vingt ans au Collège de France le Laboratoire neuropeptides centraux et régulations hydriques et cardiovasculaires (Inserm U691), intégré de 2011 à 2021 dans le Centre interdisciplinaire de recherche en biologie (CIRB) du Collège de France. Depuis 2022, elle poursuit ses recherches comme directrice de recherche émérite Inserm au CEA, Centre de Saclay, dans le département Médicaments et technologies pour la santé/SIMoS.
Son parcours présente une caractéristique particulièrement remarquable : la continuité entre recherche fondamentale, la pharmacologie, l’identification de nouvelles cibles thérapeutiques et le développement de stratégies susceptibles de bénéficier aux patients.
Contributions scientifiques majeures
- Ses premiers travaux sur les morphines endogènes réalisés dans le Laboratoire de neurobiologie Inserm U109 en collaboration avec le département de Chimie organique, université Paris-Descartes, ont contribué à la mise au point d'un antidiarrhéique largement utilisé en pédiatrie, le Tiorfan.
- Dans le système rénine-angiotensine cérébral, ses recherches ont contribué à démontrer le rôle de l’angiotensine III et de l’aminopeptidase A (APA) cérébrales dans la régulation de la pression artérielle et dans les mécanismes impliqués dans le contrôle de la fonction cardiaque. Elles ont ainsi permis d’identifier l'APA comme une cible thérapeutique clé pour traiter l'hypertension artérielle et l'insuffisance cardiaque.
- Le développement du firibastat : ses recherches, du laboratoire jusqu’aux essais cliniques, ont mené à la création du premier inhibiteur de l'APA capable de pénétrer dans le cerveau après administration par voie orale, de diminuer la pression artérielle dans plusieurs modèles expérimentaux d'hypertension et d'améliorer la fonction cardiaque après un infarctus du myocarde (IM). Ces données ont été retrouvées dans deux essais cliniques de phase II chez le patient hypertendu et le patient après un premier IM.
- Les travaux de son laboratoire ont été pionniers pour montrer le rôle crucial de l’apéline et de son récepteur dans le contrôle de l’équilibre hydrique et des fonctions cardiovasculaires. Ils ont conduit au développement d’analogues de l’apéline métaboliquement stables susceptibles de présenter un intérêt thérapeutique. Parmi eux, le composé LIT01-196 s’est révélé efficace pour corriger l’hyponatrémie.