La vie quotidienne dans l'Égypte médiévale était marquée par de nombreuses difficultés : mauvaises récoltes dues aux variations d’eau, maladies affectant le bétail, ravages causés par les animaux sauvages, ainsi que la maladie et la mort soudaines. Les difficultés d'origine humaine n'étaient pas moindres : marchés stagnants, confiscations, vols, emprisonnements, violences infligées par les autorités ou criminels. À cela s’ajoutaient des conflits privés : disputes sur les héritages, désaccords familiaux ou professionnels pouvant mener à des ruptures, divorces ou dissolutions de partenariats.
Malgré ces épreuves, les obligations restaient : nourrir la famille, payer les impôts. Le non-paiement pouvait entraîner l'emprisonnement, sans possibilité de subvenir aux besoins des siens. Cependant, face aux crises, on pouvait aussi chercher de l'aide. De nombreuses lettres sur papyrus, datant du VIIᵉ au Xᵉ siècle de notre ère, montrent que les gens se tournaient vers les autres – amis proches, membres de la famille ou connaissances plus ou moins éloignées, qu'elles soient ou non en poste officiel– pour résoudre leurs problèmes et qu'ils privilégiaient les requêtes écrites à la violence. Ces lettres de pétition, utilisant des formules et procédés spécifiques, offrent un aperçu précieux des valeurs et structures sociales de l'Égypte islamique médiévale. Cette série de conférences analysera ces documents pour mieux comprendre le système d’appel à l'aide au sein de l’empire.