Biographie

Professeur du Collège de France depuis 2007, Thomas Römer a occupé durant quatre ans la fonction de vice-président de l’assemblée et cinq ans celle de directeur de l’Institut des civilisations avant d'être nommé administrateur du Collège, à compter du 1er septembre 2019, par décret du président de la République, à la suite de son élection par l’Assemblée du Collège de France. Reconduit en septembre 2022, puis à nouveau élu par ses collègues à l'occasion de l'assemblée du Collège de France de juin 2025, il commence un troisième mandat d'une durée de 3 ans à compter du 1er septembre 2025.

Après avoir été Professeur associé à la Faculté de Théologie de l’université de Genève, Thomas Römer devint en 1993, professeur ordinaire de Bible hébraïque à la faculté de théologie et des sciences des religions de l'Université de Lausanne, dont il a été le doyen de 1999 à 2003. Il a été professeur invité dans les facultés de théologie de Montpellier, Neuchâtel, Paris, Zurich, Mexico ainsi qu'au centre d’études théologiques et sociales de Managua, et directeur d'études invité à l'École pratique des hautes études (Ve section) en 1999-2000. Depuis 2007, Thomas Römer est professeur au Collège de France, titulaire de la chaire Milieux bibliques. Il a prononcé sa leçon inaugurale « Les cornes de Moïse. Faire entrer la Bible dans l'histoire » le 5 février 2009.

Thomas Römer est l’auteur de plus de quatre cents publications scientifiques : articles, ouvrages savants, éditions… parmi lesquels on peut distinguer La première histoire d'Israël : L'École deutéronomiste à l'œuvre (Labor et Fides, 2007), L’invention de Dieu (Seuil, 2014) ou encore Aux origines de la Torah : nouvelles rencontres, nouvelles perspectives (Bayard, 2019) en collaboration pour ce dernier ouvrage avec Israël Finkelstein. Il a publié un commentaire sur l’histoire d’Abraham en 2023 : Genèse 11,27–25,18. L’histoire d’Abraham (Labor et Fides) Il a également contribué à la diffusion de ses recherches auprès du grand public, par la publication de livres comme Dieu Obscur (Labor et Fides 2024, 4e éd.) La Bible, quelles histoires ! (Bayard, 2014), Les 100 mots de la Bible (Que sais-je, PUF, 2024, 3e éd.) ou L’Ancien Testament (Que sais-je, PUF 2024, 2e éd.).

Thomas Römer a co-dirigé avec Israël Finkelstein les fouilles à Qiryat Yéarim en 2017 et 2019 qui ont intéressé un grand public, comme le montre entre autres le documentaire L'Arche d'alliance, aux origines de la Bible produit pour la chaîne ARTE et la chaîne israélienne KAN.

Thomas Römer a dirigé de 2013 à 2024 l’unité mixte de recherche 7192 Proche-Orient-Caucase : langues, archéologie, cultures (CNRS/Collège de France/École pratique des hautes études). Membre de l’Académie des inscriptions et belles-lettres depuis 2016, ainsi que de nombreux comités éditoriaux de revues et de collections scientifiques prestigieuses comme Encyclopedia of the Bible and Its Reception, Zeitschrift für die alttestamentliche Wissenschaft Ancient Israel and its Literature, Journal of Biblical Literature ou encore Semitica, dont il est le directeur, il a été distingué à de nombreuses reprises, notamment en France (prix d’histoire des religions de la Fondation « Les amis de Pierre-Antoine Bernheim », Doctorat honoris causa de l’Université catholique de Lyon), en Afrique du Sud (professeur extraordinaire de la faculté d’études religieuses de l’université de Pretoria), en Suisse (Prix culturel of the Fondation Leenaards, Prix de l’université de Lausanne) ou encore en Israël (doctorat honoris causa de l’université de Tel Aviv). Thomas Römer est chevalier de l’ordre national de la Légion d’honneur et commandeur dans l’ordre des Arts et des Lettres

Les travaux de recherche de Thomas Römer portent sur la naissance de la Bible dans le contexte du monde antique. Dans une perspective d’histoire des religions, son approche se caractérise par une analyse philologique et littéraire des textes, en dialogue avec l’histoire et l’archéologie du Proche-Orient ancien. Cette approche permet de faire ressortir la fonction des textes dans leurs milieux d’origine, répondant tout à la fois à des problématiques qui sont identitaires, culturelles, sociales ou politiques. C’est ainsi qu’il a pu proposer de nouvelles synthèses historiques, notamment sur la formation du Pentateuque, de l’historiographie biblique, ou encore sur les origines du dieu et de ses cultes dans les anciens royaumes d’Israël et de Juda.