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Présentation
La santé mentale et les addictions sont des concepts larges qui recouvrent des symptômes et expériences hétérogènes, plus ou moins sévères et durables. L’épidémiologiste, s’appuyant sur la parole du sujet, est confronté à la difficulté de standardiser des ressentis intimes. Comment étudie-t-on la santé mentale à l’échelle d’une population et que nous disent les grandes enquêtes sur l’état de la santé mentale en France ? Que sait-on du rôle des facteurs collectifs et des déterminants sociaux comme source de risque et de protection ?
Cette leçon inaugurale aborde les principes fondamentaux de la recherche épidémiologique dans le domaine de la santé mentale et des addictions, de la prise en charge des ressentis intimes jusqu’à la prévention des troubles psychiques et des addictions à l’échelle sociétale.
Maria Melchior est épidémiologiste et directrice de recherche à l’Inserm. Récipiendaire de plusieurs prix, elle est l’autrice de Santé mentale : un défi pour le XXIe siècle (Michalon, 2023) et codirectrice de Épidémiologie sociale : concepts, méthodes et exemples d’application (Presses de l’EHESP, 2024). Elle est professeure invitée au Collège de France sur la chaire annuelle Santé publique, créée avec le soutien de l’agence nationale Santé publique France, pour l’année académique 2025-2026.
Sommaire
La santé mentale sous l’angle de l’intime
La santé mentale dans une approche populationnelle
Tendances en matière de santé mentale et de conduites addictives
Les facteurs de risque des principaux troubles de la santé mentale
Quels liens entre la santé mentale à l’échelle individuelle et les études
populationnelles ?
Représentations de la santé mentale, stigmatisation des personnes concernées
La cohorte TEMPO
Comment interroger la santé mentale dans des enquêtes épidémiologiques ?
Mesurer la santé mentale
Le poids des déterminants sociaux
La santé mentale des populations
Comment améliorer la santé mentale de la population ?
Extraits
« [L]es caractéristiques de la population dont nous faisons partie conditionnent notre niveau de risque individuel. Concrètement, chacun de nous vit dans un contexte où les troubles psychiques sont fréquents : une personne sur cinq en France est concernée à un moment donné de sa vie ; le risque individuel est donc plus élevé que si la prévalence moyenne était plus faible. Nous sommes liés par un risque moyen de troubles psychiques qui peut sembler abstrait, mais qui se traduit par de la souffrance à l’échelle individuelle. Il en découle que nous avons tous et toutes intérêt à ce que la santé mentale de toute la population soit la meilleure possible. »
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