Population(s) humaine(s) : barrières, flux et brassages

Résumé

Concept central en génétique, la population est définie comme un ensemble d’individus interféconds évoluant dans le temps et l’espace. La théorie prédit que sa taille, sa structure, et son isolement des autres populations affectent sa diversité génétique. À la fin du XXsiècle, le développement de la biologie moléculaire permet de mesurer les niveaux de variation du génome humain. Ces mesures sont utilisées pour construire une généalogie simple des grands ensembles de populations humaines, soutenant une origine africaine d’Homo sapiens. À l’heure du séquençage massif de génomes modernes et anciens, il devient cependant évident que les populations ne sont pas des entités statiques et isolées les unes des autres. Notre espèce forme une métapopulation dynamique qui connaît des périodes d’isolement génétique, interrompues par des vagues migratoires massives. Sur tous les continents, les populations qu’on associe à de grands ensembles socio-culturels descendent du métissage de groupes aux origines aussi variées qu’inattendues. Ces découvertes nous amènent à mieux comprendre notre identité en tant qu’espèce, et questionnent l’évolution conjointe des cultures et des peuples qui en sont dépositaires.

Biographie

Étienne Patin, généticien des populations et chercheur CNRS à l’Institut Pasteur, s’intéresse à l’histoire évolutive de l’homme et ses conséquences sur la santé. Ses travaux ont révélé la dynamique complexe du peuplement de l’Afrique subsaharienne, et le rôle essentiel du métissage dans l’adaptation de l’homme à son milieu.