Interféron/arsenic : nouvelles stratégies thérapeutiques

27 octobre 2020

Les équipes du Pr Hugues de Thé, titulaire de la chaire Oncologie cellulaire et moléculaire du Collège de France, du Dr Jean-Luc Villeval (Institut Gustave Roussy) et du Pr Jean-Jacques Kiladjian (hôpital Saint-Louis), viennent de publier dans Journal of Experimental Medecine une étude sur les bases cellulaires et moléculaires de la réponse de certaines maladies malignes du sang, les néoplasies myéloprolifératives avec mutation du gène JAK2, à l’interféron alpha, une protéine produite par les cellules du système immunitaire, qui a la double propriété d’interférer avec la réplication virale et d’éliminer des cellules cancéreuses, par des mécanismes encore assez mal compris.

Ces travaux ont une double importance : clinique, car ils ouvrent la voie à de nouvelles stratégies thérapeutiques pour potentialiser les effets cliniques limités de l’interféron seul par la coadministration d’arsenic, et fondamentaux, car ces travaux identifient in vivo les mécanismes moléculaires impliqués. De manière inattendue, dans des modèles pré-cliniques chez la souris et des cellules de patients, la réponse thérapeutique de la combinaison interféron et arsenic nécessite la protéine PML, cible directe de l’arsenic, déjà impliquée dans la réponse thérapeutique d’une autre forme d’une autre hémopathie, la leucémie aiguë promyélocytaire. Cette protéine PML organise des domaines du noyau cellulaire impliqués dans la sénescence, sorte de vieillissement cellulaire. Outre un possible élargissement des utilisations cliniques de l’arsenic, ces travaux suggèrent l’existence de mécanismes moléculaires communs de la réponse thérapeutique dans plusieurs hémopathies malignes et dans différents couples leucémies/traitements.

Référence de la publication : JAK2V617F myeloproliferative neoplasm eradication by a novel interferon/arsenic therapy involves PMLJournal of Experimental Medecine, 19 octobre 2020 ; https://doi.org/10.1084/jem.20201268.

Senescence-like markers