Nouvelles recherches sur la Peste Noire

18 juin 2021

Séminaire co-organisé par Patrick Boucheron, chaire Histoire des pouvoirs en Europe occidentale, XIIIᵉ-XVIᵉ siècle (Collège de France), et Etienne Anheim (EHESS).

Les 22 juin et 6 octobre 2021, de 9 h à 18 h, salle 5.

Ouvert au public en demi-jauge, dans la limite des places disponibles.

Séminaire Boucheron Peste noire

Enterrement de victimes de la peste à Tournai. Miniature des « Chroniques et annales de Gilles le Muisit », abbé de Saint-Martin de Tournai, Bibliothèque royale de Belgique.

Les progrès conjoints de la biologie moléculaire, de l’archéologie funéraire et des sciences de l’environnement permettent désormais de mieux comprendre les mécanismes d’infection et de diffusion de la deuxième pandémie de peste qui balaie l’Europe de 1347 à 1352. De l’analyse de l’ADN à celle du rayonnement solaire, ces savoirs nouveaux contribuent à élaborer le scénario d’ensemble de la plus grande catastrophe démographique de l’histoire de l’Eurasie. Demeure-t-elle plus intelligible pour autant ? S’il paraît évident aujourd’hui que les routes de la peste dessinent les lignes de force des mondes connectés, la géographie exacte de sa diffusion demeure en partie obscure. Surtout, les témoignages documentaires ou iconographiques demeurent rares, lacunaires et difficiles d’interprétation, au point que des questions massives que l’historiographie se pose depuis longtemps — en particulier sur les effets économiques, politiques et sociaux de la peste — demeurent sans réponse. Bref, si la Peste Noire est « bonne à penser » pour l’historiographie médiévale attentive aux rapports entre savoirs et pouvoirs, c’est aussi parce qu’elle met à l’épreuve le laboratoire de l’interdisciplinarité.