24 fév 2015
09:30 - 11:00
Amphithéâtre Marguerite de Navarre, Site Marcelin Berthelot
En libre accès, dans la limite des places disponibles
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Les deux derniers cours ont été consacrés à l’application de ces principes généraux à deux domaines spécifiques de l’enseignement primaire : l’apprentissage de la lecture et du calcul. Dans ces deux domaines, de nombreuses recherches soutiennent l’hypothèse du recyclage neuronal (importance des contraintes imposées par des circuits neuronaux préexistants), l’importance de la plasticité cérébrale, et le rôle de l’automatisation.

Dans le cas de la lecture, c’est un circuit impliquant le cortex visuel de l’hémisphère gauche, au sein du sillon occipito-temporal latéral, qui se modifie au cours de l’apprentissage. Il s’y développe une représentation des lettres et de leurs enchaînements pour former des mots écrits. Cette région visuelle joue un rôle de pivot : ses projections, en direction de différents secteurs du lobe temporal, se modifient afin de représenter d’une part les correspondances entre graphèmes et phonèmes (déchiffrage ou voie phonologique de lecture) et, dans un second temps, le passage direct de la chaîne de lettres au sens des mots (voie lexico-sémantique). La comparaison de personnes alphabétisées et non-alphabétisées démontre que les circuits occipito-temporaux de l’hémisphère gauche sont profondément altérés par l’apprentissage de la lecture : le cortex visuel est modifié, y compris dans ses étapes les plus précoces ; la représentation des visages est déplacée ; l’invariance en miroir est légèrement réduite ; et les aires auditives du planum temporale voient également leur activité augmenter. De surcroît, au cours des premières étapes de l’apprentissage, les réseaux attentionnels des lobes pariétaux et frontaux sont fortement activés, mais cette contribution s’amenuise au fil de l’automatisation de la lecture, alors que l’activation temporale augmente.