Publié le 21 octobre 2026

Actualité

Restauration des fresques du portique Letarouilly

© Collège de France.

Alors que le Collège de France se prépare à célébrer son 500e anniversaire en 2030, il initie une grande campagne de conservation et de restauration de son patrimoine.

Une étape importante de cette campagne s’est achevée le 18 septembre dernier avec la restauration du portique Letarouilly, construit entre 1834 et 1841, dont les décors se trouvaient dans un état de conservation dégradé. En 1891, ce portique avait été orné d'une fresque réalisée par les peintres Urbain Bourgeois (1842-1911) et Louis Hista (1851-1934), représentant des décors allégoriques d'inspiration pompéienne dite fantastique, inspirés des fresques redécouvertes de la Domus Aurea, palais impérial construit pour Néron à Rome.

Une restauration complète des décors peints a pu être effectuée, comprenant le refixage de la couche picturale, le nettoyage des décors ainsi qu’un travail fin de réintégration. Cette action incluait aussi la rénovation et l'amélioration de la mise en lumière de l'ouvrage, la vérification de l'étanchéité de la toiture ainsi que le nettoyage et la consolidation des maçonneries extérieures.

Cette restauration permet aujourd’hui d’admirer la fresque telle que l’avaient conçue et réalisée Urbain Bourgeois et Louis Hista. Le portique et la fresque sont accessibles gratuitement aux horaires d’ouverture du Collège de France.

L'opération de restauration du portique Letarouilly a bénéficié du mécénat de la Fondation Clément Fayat et du Crédit Agricole d'Île-de-France.

Guillaume Moine, architecte du patrimoine, a coordonné les entreprises Louis Geneste (maçonnerie couverture), Tollis (peintures murales) et INDELEC (électricité).

Le Collège de France s’engage aujourd’hui dans une nouvelle étape de restauration de la statuaire des cours Budé et Letarouilly à la faveur d’une grande campagne de mécénat participatif à laquelle tous sont invités à participer.

Un peu d’histoire…

Au milieu du XIXe siècle, l'architecte Paul Letarouilly (1795-1855) dessine une extension vers l’ouest des bâtiments principaux du Collège de France afin d’accueillir le public par l’ajout d’une nouvelle entrée. Celle-ci accueille le public jusqu'en 1944 et réoriente le Collège de France de l'actuelle place Marcelin-Berthelot vers la rue Saint-Jacques. Deux cours sont créées, séparées par un portique desservant les nouveaux espaces d'enseignement. Les travaux commencés en 1834 s'achèvent en 1841.

Le portique à trois arcades n'est orné qu'à la fin du XIXe siècle, en 1891, d'une fresque réalisée par les peintres Urbain Bourgeois (1842-1911) et Louis Hista (1851-1934).

Les peintres ont placé au sommet des quatre doubles colonnes les figures des sagesses antiques, Hebraica, Graeca, Latina, relatives à la mission première des lecteurs royaux d’enseigner les langues et savoirs classiques. Ils leur adjoignirent Aegyptiaca, à laquelle Champollion, en déchiffrant les hiéroglyphes égyptiens en 1822, venait de rendre la parole.

Ces décors forment un ensemble d'une qualité remarquable et unique à Paris. Cette œuvre, en plein air et librement accessible, est au cœur des espaces d'enseignement dans les bâtiments du Collège de France qui font l'objet d'une inscription au titre des monuments historiques.