Résumé
Au début de l’époque moderne, Rome était dénommée « teatro del mondo » parce que les équilibres et les tensions de la politique internationale s’y répercutaient sous forme de représentation, dans le cadre du cérémonial pontifical déterminant la hiérarchie entre les différentes couronnes. Sur cette scène arbitrée par le souverain pontife, les monarques étrangers jouissaient d’un droit d’image en tant que fils et défenseurs de l’Église. Leurs portraits pouvaient trouver place dans les palais de leurs ambassades et de leurs alliés, dans les dépendances de leurs églises et couvents nationaux, et même être exposés dans l’espace public à l’occasion de certaines fêtes profanes ou religieuses. Au moment de conflits internationaux, cette coutume donnait souvent lieu à de violentes querelles, allant jusqu’à mettre en danger les artistes ayant reçu la commande des portraits contestés. À travers l’étude de cas représentatifs, nous nous proposons de retracer la progressive codification du droit d’image des souverains étrangers dans la Ville éternelle, ainsi que la mise en place d’instruments de contrôle par l’administration pontificale.