Résumé
En quoi la gouvernance de l’entreprise artistique (c’est-à-dire le dessein que l’artiste met à exécution, en y consacrant des ressources matérielles et immatérielles, mais aussi la structure sous-jacente, voire l’entité juridique, qui réunit main-d’œuvre et capitaux divers, en vue de produire l’œuvre d’art) est-elle singulière par rapport à celle de l’entreprise industrielle ou commerciale et de la société de production de biens ou services ou de recherche et développement ?
Rapprochements et comparaisons, s’agissant des processus de décision, des mécanismes de régulation, de l’évaluation de la performance, de la gestion des dirigeants et de leur succession, et de l’interaction avec les parties prenantes, internes ou externes, permettent de donner quelques éclairages à défaut de réponses péremptoires et offrent l’occasion de pénétrer dans l’atelier de Rubens et celui de Bach, de suivre le parcours de Gustav Mahler, de s’intéresser, notamment en France, à la gouvernance des institutions lyriques ou muséales, avec quelques embardées aussi dans le temps, vers l’automne littéraire et musical du Moyen Âge occidental et le siècle louis-quatorzien, et dans l’espace, jusqu’au théâtre Kabuki.