Amphithéâtre Marguerite de Navarre, Site Marcelin Berthelot
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Résumé

En plus des changements du bilan radiatif terrestre mentionnés dans le premier cours, les cycles glaciaires ont induit une deuxième rétroaction positive en changeant fortement l’albédo, le coefficient de réflexion du rayonnement solaire incident, notamment au niveau des surfaces terrestres englacées. Le retrait postglaciaire des calottes de glace Laurentienne et Fennoscandienne a donc favorisé la transition climatique des hautes latitudes de l’hémisphère Nord.

Pour estimer cette contribution au cours du temps, il est nécessaire de quantifier l’englacement des continents pendant le Tardiglaciaire. Une première approche est de convertir les enregistrements du niveau marin en termes d’extension des calottes. Une méthode plus directe consiste à cartographier les traces géomorphologiques laissées par les glaciers continentaux. Ces marques sont étudiées depuis le XIXsiècle, mais ce n’est que récemment qu’elles peuvent être datées en mesurant le temps d’exposition des roches aux rayons cosmiques. Des cosmonucléides (10Be, 26Al, 36Cl, 14C, 3He, 21Ne) sont formés dans les blocs erratiques et les roches moutonnées que l’on analyse à l’aide de la spectrométrie de masse par accélérateur. En complément de datations classiques au radiocarbone, ces mesures de cosmonucléides in situ ont permis de reconstituer l’extension maximale des calottes glaciaires ainsi que leur retrait progressif au cours du Tardiglaciaire. Avec l’aide de modèles représentatifs des calottes, il est ensuite possible de cartographier les surfaces et les altitudes des glaces terrestres puis de les convertir en unité de forçage radiatif.

Un travail similaire est réalisé pour estimer l’étendue et les variations spatiales et temporelles de la glace de mer. Plusieurs indicateurs micropaléontologiques et géochimiques analysés dans les sédiments marins des zones polaires permettent de reconstituer l’extension annuelle et saisonnière de cette banquise dont l’effet sur l’albédo des hautes latitudes se cumule à celui des calottes continentales.