Amphithéâtre Marguerite de Navarre, Site Marcelin Berthelot
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Résumé

La période en question a duré environ dix millénaires depuis 21 000 jusqu’à 11 600 ans avant le présent (BP : before present). Elle a été suffisamment longue pour que les lentes variations de l’orbite terrestre aient imprimé leur influence sur le climat. En effet, la géométrie de l’orbite terrestre et la position de la Terre pendant sa révolution annuelle évoluent suivant des cycles liés à l’attraction du Soleil et des autres planètes. L’excentricité de l’ellipse orbitale varie suivant des cycles d’environ 100 000 et 400 000 ans. L’obliquité, c’est-à-dire l’angle d’inclinaison de l’axe de rotation de la Terre par rapport au plan écliptique, suit un cycle d’environ 41 000 ans. La précession climatique exprimée par l’angle entre la position sur l’orbite de l’équinoxe de printemps et celle du périhélie, point le plus proche du Soleil, varie avec des périodes proches de 19 000 et 23 000 ans. La distance Terre-Soleil étant modulée par l’excentricité, le paramètre de précession climatique tient compte des deux paramètres orbitaux.

Ces variations de la géométrie de l’orbite terrestre se combinent pour faire varier l’insolation en fonction des saisons et des latitudes. Ces fluctuations de l’insolation régionale et saisonnière sont la cause première des cycles glaciaire-interglaciaire de l’époque du Pléistocène. La transition Pléistocène-Holocène est caractérisée par une augmentation de l’insolation estivale aux latitudes élevées de l’hémisphère Nord. Vers 11 500 ans BP, une obliquité maximale et une distance Terre-Soleil minimale au solstice d’été ont favorisé la fonte des calottes de glace situées en Amérique et en Europe du Nord.

Les glaciations ont eu d’énormes conséquences sur le cycle mondial du carbone qui a répondu par des baisses des teneurs atmosphériques en gaz à effet de serre comme le dioxyde de carbone, le méthane et le protoxyde d’azote. Les covariations de CO2, CH4 et N2O ont amplifié les cycles glaciaires, notamment les phases de déglaciation comme la dernière qui a précédé l’Holocène.