Les formes les plus anciennes d’Homo sapiens ont été identifiées en Afrique du Nord, bouleversant profondément notre compréhension de l’émergence de notre espèce. Des découvertes récentes ont également mis en évidence, en Europe, les traces des premières populations pionnières de Sapiens, sur un continent encore largement occupé par les Néandertaliens. Que s’est-il précisément passé lorsque deux humanités proches mais distinctes se sont rencontrées sur les mêmes territoires, il y a plusieurs dizaines de milliers d’années ? Les données génétiques, archéologiques et paléontologiques révèlent que Néandertaliens et Sapiens ont parfois échangé des gènes et, sans doute, des techniques.
Les recherches menées ces dernières années dans l’ouest de l’Eurasie ont ainsi profondément remis en cause le modèle longtemps dominant d’une vague unique de substitution et permettent, pour la première fois, de mieux comprendre les mécanismes de ces processus. Loin d’un scénario linéaire, l’expansion d’Homo sapiens apparaît comme une succession d’avancées rapides, de reculs, de métissages et d’innovations. Ce fut un processus long et sinueux, souvent marqué par des échecs, mais décisif dans la construction de l’humanité actuelle.