Se destinant à la chirurgie, François Jacob (1920-2013) doit interrompre ses études en juin 1940 et rejoint les Forces françaises libres à Londres. Officier du Service de santé des Armées, il sert en Afrique du Nord et participe au débarquement en Normandie en 1944. À la Libération, il poursuit ses études de médecine mais ses blessures de guerre l’obligent à renoncer à sa vocation de chirurgien. En 1950, il intègre le service d’André Lwoff à l’Institut Pasteur et achève un doctorat de biologie. Il y devient directeur de laboratoire en 1956, puis directeur du Laboratoire de génétique cellulaire en 1960.
Ses premiers travaux effectués avec Élie Wollman sont réunis dans l’ouvrage Sexualité des bactéries (1959). En étudiant les processus de conjugaison et de recombinaison, ils contribuent au fondement de la génétique bactérienne.
Il caractérise également la lysogénie, l'une des deux voies de la reproduction virale, à travers l’étude des virus bactériophages et de leurs interactions génétiques avec les bactéries.
Associé à Jacques Monod depuis la fin des années cinquante, ils découvrent les mécanismes de régulation de l’expression génétique et la construction du modèle de l’opéron, introduisant le nouveau concept de sites régulateurs sur l'ADN, mais aussi le concept d'ARN messager. Cela permit au cours des décennies suivantes l’émergence du génie génétique.
François Jacob est élu professeur au Collège de France à la chaire Génétique cellulaire (1964-1991).
Le prix Nobel de physiologie ou médecine lui est remis en 1965, conjointement à André Lwoff et Jacques Monod, « pour leurs découvertes concernant le contrôle génétique des synthèses enzymatiques et virales ».
En 1970, il publie La Logique du vivant, une histoire de l’hérédité qui lui vaut d’emblée d’être reconnu comme un historien des sciences de premier plan, apprécié notamment par son collègue Michel Foucault.
Notice rédigée par Ronan Le Guen (Collège de France).