Découvrez les nouveaux professeurs de l'année 2021-2022

27 août 2021

À l'occasion de cette nouvelle rentrée, le Collège de France accueillera un nouveau professeur sur chaire statutaire (Jean-Jacques Hublin) et huit professeurs sur chaire annuelle (Alberto Manguel, Yadh Ben Achour, Christian Gollier, Daniel Lincot, Tatiana Giraud, Wendy Mackay, Phượng Bùi Trân et Rémy Slama, dans l’ordre de leur leçon inaugurale respective). Selon la mission du Collège de France, leurs enseignements sont entièrement ouverts à tous les publics, sans condition d’accès ni inscription préalable, dans la limite des places disponibles et sous réserve des dispositions sanitaires en vigueur.

Présentations et parcours...

 

 

Professeur élu sur une chaire statutaire

Jean-Jacques Hublin

Jean-Jacque Hublin Chaire Paléoanthropologie

Après avoir été professeur invité durant cinq ans sur la chaire internationale Paléoanthropologie du genre Homo, Jean-Jacques Hublin occupe désormais la chaire pérenne Paléoanthropologie.

Paléoanthropologue, auteur de nombreux travaux sur l’évolution des Néandertaliens et sur les origines africaines des hommes modernes, Jean-Jacques Hublin a joué un rôle pionnier dans le développement de la paléoanthropologie virtuelle, qui fait largement appel aux techniques de l’imagerie médicale et industrielle, et à l’informatique pour reconstituer et analyser les restes fossiles. Il s’est aussi intéressé à l’évolution des rythmes de croissance et au développement cérébral chez les hominidés ainsi qu’à l’histoire de sa discipline.

Après une carrière de chercheur au Centre national de recherche scientifique, Jean-Jacques Hublin à été nommé professeur à l’université de Bordeaux-I (1999). Il est depuis 2004 professeur à l’institut Max-Planck d’anthropologie évolutionnaire de Leipzig (Allemagne) où il a créé le département d’Évolution humaine. Il a enseigné à l’université de Californie à Berkeley (1992), à l’université de Harvard (1997) et à l’université de Stanford (1999 et 2011). Depuis 2010, il dispense régulièrement des cours à l’université de Leiden (Pays-Bas). En 2011, il a été choisi pour être le premier président de la Société européenne pour l’étude de l’évolution humaine (ESHE) nouvellement fondée.

  • Date de la leçon inaugurale : 13 janvier 2022 à 18 heures – « Homo sapiens, une espèce invasive »
  • Date du début des cours : 19 janvier 2022 – « Spéciation et extinction chez les Hominines »

 

Professeurs sur chaire annuelle

Alberto Manguel est un citoyen canadien né à Buenos Aires en 1948. Il a vécu en Israël, Argentine, Italie, Angleterre, Tahiti, France et Canada. Il est l’auteur de cinq romans, parmi lesquels Dernières nouvelles d’une terre abandonnée (prix McKitterick en Angleterre et prix de l’Association d’auteurs au Canada). Il est aussi l'auteur de plusieurs essais, parmi lesquels Le Dictionnaire des lieux imaginaires (avec Gianni Guadalupi) ; Une histoire de la lecture (prix Médicis essai) ; Dans la forêt du miroir (prix France Culture) ; Le Livre d’images ; Chez Borges (prix Poitou-Charentes) et La Bibliothèque la nuit.

Alberto Manguel a reçu le Premio Germán Sánchez Ruipérez et le Formentor en Espagne, et le prix Alfonso Reyes au Mexique, pour l’ensemble de son œuvre critique. En France, il a obtenu le prix Roger Caillois, le prix Médicis essai et le prix France Culture, et il a été élu au grade de commandeur des Arts et des Lettres. En 2018 il a reçu le prix Gutenberg. Il est docteur honoris causa des universités de Liège en Belgique, Anglia Ruskin, Cambridge, en Angleterre, université d’Ottawa et York University au Canada. Il est membre de la Academia Argentina de Letras, Real Academia Española et la Royal Society of Literature au Royaume-Uni. Alberto Manguel a été directeur de la Bibliothèque nationale d’Argentine de 2015 à 2018. Il dirige actuellement le centre de recherche sur l’histoire de la lecture (CEHL) à Lisbonne.

  • Date de la leçon inaugurale : 30 septembre 2021 à 18 heures – « Europa : le mythe comme métaphore »
  • Date du début des cours : 2 mars 2022 – « Le mythe comme métaphore d'identité »

Le Pr Yadh Ben Achour est né le 1er juin en 1945 à la Marsa. Il a suivi des études de droit à Tunis puis à Paris avant d’obtenir son doctorat d’État en droit public en 1974. Membre du Conseil constitutionnel tunisien, il en démissionne en 1992. De 1993 à 1999, il occupe le poste de doyen de la faculté des sciences juridiques à l'université de Carthage.

Après la révolution tunisienne, Yadh Ben Achour est nommé président de la Haute Instance de la révolution. Il est membre du comité des droits de l’homme des Nations unies.

Durant l’année 2021-2022, Yadh Ben Achour occupera la chaire annuelle Mondes francophones, en partenariat avec l'Agence universitaire de la francophonie (AUF), pour y donner un cours intitulé « Les révolutions dans la pensée et dans l’histoire des faits ».

  • Date de la leçon inaugurale : 4 novembre 2021 à 18 heures – « La révolution, une espérance »
  • Date du début des cours : 8 novembre 2021 – « Les révolutions dans la pensée et dans l’histoire des faits »

Les recherches de Christian Gollier s'étendent des domaines de l'économie de l'incertain à l'économie de l'environnement en passant par la finance, la consommation, l'assurance et l'analyse des coûts-bénéfices, avec un intérêt particulier pour les effets durables à long terme. À l'origine de Toulouse School of Economics avec Jean Tirole en 2007, il en est le directeur depuis 2009 (avec une interruption en 2015-2016). Il a publié plus d’une centaine d’articles dans des revues scientifiques internationales. Il a également publié 7 livres sur le risque dont The Economics of Risk and Time (MIT Press), qui a remporté le Paul A. Samuelson Award (2001). En 2012, il a publié chez Princeton University Press un livre intitulé Pricing the Planet’s Future, qu’il a présenté au 6th Arrow Lecture à l’université Columbia.

Christian Gollier est l'un des auteurs des 4e et 5rapports du Groupe d'experts intergouvernemental sur le changement climatique (IPCC, 2007 et 2013). En outre, il conseille régulièrement plusieurs gouvernements (France, UK, USA, Norvège…) sur leur politique d’évaluation des investissements publics. Il est président de l’EAERE, l’association européenne des économistes de l’environnement. Son récent ouvrage grand public Le Climat après la fin du mois (PUF 2019) traite de l'importance d'agir face au changement climatique et a connu un grand succès en France.

  • Date de la leçon inaugurale : 9 décembre 2021 à 18 heures – « Entre fin du mois et fin du monde : économie de nos responsabilités envers l'humanité »
  • Date du début des cours : 5 janvier 2022 – « Fin du mois et fin du monde : comment concilier économie et écologie ? »

Daniel Lincot, né en 1954, est chercheur au CNRS et acteur des recherches dans le domaine de l’énergie solaire photovoltaïque depuis 1978, où il a contribué à des avancées significatives. Sa spécialité est l’interface entre la chimie, les matériaux et le photovoltaïque. Il est auteur de plus de 300 publications et de 22 brevets. Il a mené des activités d’enseignement, en particulier à Chimie Paristech et dans diverses universités et écoles.

Après des études à l’ESPCI, il entre au CNRS à Chimie Paristech en 1980 où il se consacre à la photoélectrochimie des semi-conducteurs, puis à l’élaboration de couches minces pour les applications photovoltaïques. Celle-ci conduira à la création avec EDF de l’Institut de recherche et de développement sur l’énergie photovoltaïque (IRDEP 2005-2018) dont sera issue la start up Nexcis (2009-2015). En 2013, il participe à la création de l’Institut photovoltaïque d’Île-de-France (IPVF) dont il sera directeur scientifique jusqu’en juillet 2019.

Son activité a été reconnue par plusieurs prix et distinctions dont la médaille d’argent du CNRS en 2004, le prix Pierre Süe de la Société chimique de France (2015), et le prix Ivan Peychès de l’Académie des sciences (2020). Il participe au débat public sur la question des énergies renouvelables et intervient dans le développement des initiatives citoyennes sur la transition énergétique.

  • Date de la leçon inaugurale : 20 janvier 2022 à 18 heures – « Énergie solaire photovoltaïque et transition énergétique »
  • Date du début des cours : 26 janvier 2022 – « La ressource solaire : du niveau mondial au toit d'une habitation »

Tatiana Giraud est directrice de recherche au CNRS, membre de l’Académie des sciences, chargée de cours à l’École polytechnique, adjointe à la direction de l’unité Écologie systématique évolution (université Paris-Saclay, CNRS, AgroParisTech), médaille d’argent et médaille de bronze CNRS, prix Recherche de la Société française d’écologie et évolution, prix de la Fondation Louis D Institut de France, responsable de 3 projets ERC et de 174 publications dans des journaux scientifiques.

Elle étudie la diversité des champignons et des plantes, et les mécanismes évolutifs permettant aux organismes d’évoluer, de se diversifier, et de s’adapter à leur environnement. Ce sont des questions fondamentales pour comprendre le monde vivant et cette recherche a des applications pour essayer de prévenir les conséquences des changements globaux actuels. Ses travaux ont permis de mieux comprendre comment émergent les nouvelles maladies de plantes dans les écosystèmes naturels et agricoles.

Tatiana Giraud utilise différentes espèces de champignons et de plantes domestiquées comme modèles biologiques pour comprendre la réponse des organismes à de fortes pressions de sélection pour une adaptation rapide. Elle a étudié les mécanismes d’adaptation des champignons utilisés pour l’affinage du fromage. Ses travaux sur les espèces domestiquées ont aussi révélé la séquence d’événements génétiques à l’origine du pommier cultivé, impliquant des hybridations avec des pommiers sauvages.

  • Date de la leçon inaugurale : 17 février 2022 à 18 heures – « Dynamique de la biodiversité et évolution : formation des espèces, domestication et adaptation »
  • Date du début des cours : 21 février 2022 – « Biodiversité et évolution »

Directrice de recherche au centre Inria (Saclay), Wendy Mackay dirige le groupe de recherche en interaction humain-machine (IHM) Ex-Situ, commun avec le Laboratoire de recherche en informatique (LRI – université Paris-Saclay, CNRS). Reconnue internationalement dans cette discipline, la chercheuse est membre de l’ACM SIGCHI Academy (Association for Computing Machinery – Special Interest Group on Computer-Human Interaction), docteur honoris causa de l’université d’Aarhus au Danemark, et a été nommée ACM Fellow en janvier 2020. Elle a également reçu le Suffrage Science Award du MRC London Institute of Medical Sciences.

  • Date de la leçon inaugurale : 24 février 2022 à 18 heures – « Réimaginer nos interactions avec le monde numérique »
  • Date du début des cours : 1er mars 2022 – « Interagir avec l'ordinateur »

Née en 1950, Mme Phượng Bùi Trân enseigne depuis 1972 dans différentes universités vietnamiennes et françaises ainsi que dans des programmes développés par des universités américaines au Viêt Nam.

Convaincue de l’intérêt d’une approche interdisciplinaire dans la recherche en sciences sociales et humaines, elle possède une maîtrise des deux cultures vietnamienne et française. Ses travaux portent sur l’histoire de la colonisation comme histoire partagée avec la prise en compte de l’interaction et de l’influence mutuelle entre colonisateurs et colonisés ; l’histoire des femmes et du genre ; l’histoire de l’éducation et des intellectuels ; l’histoire de la culture vietnamienne dans une optique comparatiste avec celles de la Chine et d’autres pays de l’Asie du Sud-Est.

  • Date de la leçon inaugurale : 10 mars 2022 à 18 heures – « Femmes vietnamiennes : identités plurielles en question »
  • Date du début des cours : 14 mars 2022 – « Femmes vietnamiennes : identités plurielles en question »

Rémy Slama est épidémiologiste environnemental, directeur de recherche à l’Inserm où il dirige l’Institut thématique de santé publique et l’équipe d’épidémiologie environnementale de l’Institut pour l’avancée des biosciences (Inserm, CNRS, université Grenoble-Alpes). Il est docteur en épidémiologie de l'université Paris-Sud (2002), polytechnicien et ingénieur agronome.

Ses travaux visent à caractériser l'influence des contaminants environnementaux (polluants atmosphériques, perturbateurs endocriniens, exposome), en particulier dans le contexte des expositions précoces, sur la santé humaine (concept des origines développementales de la santé et des maladies, ou DOHaD). Ses travaux sur l’exposome s’appuient notamment sur le projet européen Helix, qu’il a développé avec M. Vrijheid (ISGlobal Barcelone) et la cohorte couple-enfant de nouvelle génération SEPAGES soutenue par l’ERC.

Il a été expert pour l’ANSES, le comité des risques environnementaux de la Commission européenne (SCHEER), est membre du conseil d’administration de Santé publique France ; il est membre du comité éditorial de la revue Environmental Health Perspectives et anime le conseil scientifique du programme national de recherche sur les perturbateurs endocriniens (PNRPE). Il est coauteur dune centaine de publications scientifiques et du livre Le Mal du dehors, l’influence de l’environnement sur la santé (Quae, 2017). Il a reçu le Tony McMichael Award de l’International Society of Environmental Epidemiology.

  • Date de la leçon inaugurale : 31 mars 2022 à 18 heures – « Causes et conditions extérieures des maladies et de la santé »
  • Date du début des cours : 6 avril 2022 – « Relations entre santé humaine et environnement dans l'Anthropocène »

Conformément aux consignes gouvernementales, la présentation du passe sanitaire est indispensable pour assister aux enseignements, aux événements et aux visites pour toutes les personnes de 18 ans et plus. Cette obligation s’étendra à toutes les personnes de 12 ans et plus à partir du 30 septembre 2021. Le port du masque est obligatoire à partir de 11 ans.