Organisateurs : Jean-Luc Fournet et Antonio Ricciardetto.

Organisateurs : Jean-Luc Fournet et Antonio Ricciardetto.
La papyrologie se définit comme la science des textes écrits sur des supports transportables par opposition à l’épigraphie. Elle s’est organisée en deux branches correspondant aux deux catégories fondamentales des sources sur lesquelles elle travaille, à savoir les papyrus documentaires (« documents ») et les papyrus littéraires (« livres » ou « textes de nature littéraire »). Si cette division assez grossière peut s’expliquer par la spécificité des sujets abordés dans chaque branche, elle ne rend cependant pas justice à la variété des écrits qui relèvent de l’une et de l’autre et empêche d’appréhender les corrélations entre les deux domaines. Pire, elle a fini par créer des cloisonnements qui empêchent de porter une réflexion globale sur la culture écrite des Anciens. Comme le remarquait E.G. Turner dans sa célèbre introduction à la papyrologie (Greek Papyri. An Introduction, 2e éd., Oxford 1980, p. vi), « la dichotomie des textes de l’Égypte gréco-romaine en papyrus littéraires et papyrus documentaires a mis des œillères à nos études (...). Il n’y a pas un type de paléographie qui s’applique à la littérature et un autre qui s’applique aux documents ». L’hyperspécialisation galopante n’a fait que renforcer cette polarité, tandis que, ces dernières décennies, on a vu également émerger une autre catégorie de papyrus, dits « paralittéraires » (ou « sublittéraires », « semi-littéraires », voire « quasi-littéraires »), dont la définition et les contours sont aussi flous que l’est la terminologie qui sert à la désigner.
Le présent colloque a pour ambition, en partant du cas de la papyrologie, de s’interroger sur la catégorisation de la culture écrite, tant dans le monde antique que chez les Modernes. On tentera en particulier de répondre aux questions suivantes :