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Documents et médias
Résumé
Tbxt et la disparition de la queue chez les grands singes et chez l'homme. Approche ciblée. Les gènes Hox et la formation de la queue. Approche par l'analyse globale de variants évolutifs intraspécifiques.
Cette troisième leçon commence par un bref rappel de quelques points clés développés dans la leçon 2, concernant en particulier l’étude d’une publication récente mettant en cause le gène Tbxt dans la perte de la queue chez les grands singes, il y a à peu près 25 millions d’années. La cause possible en serait l’insertion d’une petite séquence répétée qui induirait un saut d’exon et donc la production d’une protéine légèrement plus courte que la protéine normale, qui pourtant est toujours présente, dans la même quantité que la petite protéine. Des problèmes d’interprétation sont discutés au regard des différentes doses de cette protéine réduite, nécessaires pour induire une queue plus courte chez les souris, qui ne semblent pas correspondre à la situation chez les humains. Cette discussion se termine par l’analyse des deux niveaux de lecture associés à cette publication et de la difficulté d’objectiver des résultats scientifiques lorsqu’ils touchent à des questions d’intérêt sociétal, à la fois par les auteurs eux-mêmes, mais également par les politiques éditoriales de grandes revues.
Puis, une deuxième publication est décrite qui s’intéresse à la même question de l’évolution de la longueur de la queue, mais en l’abordant de façon différente, au niveau de populations de souris évoluant dans des habitats différents, et en utilisant les outils de la génétique quantitative qui permettent d’isoler des loci à trait quantitatif (QTL), lorsque l’on rencontre des architectures génétiques multigéniques complexes. Dans le système discuté, pas moins de six loci quantitatifs différents sont impliqués dans les variations de la longueur de la queue observées dans deux écotypes de la souris sylvestre peromyscus maniculatus.