Amphithéâtre Marguerite de Navarre, Site Marcelin Berthelot
En libre accès, dans la limite des places disponibles
-

Résumé

Rédigé dans le dernier quart du XIIe siècle, le De amore d’André le Chapelain fut longtemps considéré comme le code de l’amour courtois. S’interrogeant sur la notion même de code amoureux pour caractériser un mouvement littéraire et un style de vie, on entreprend d’en déchiffrer l’interprétation, en prêtant attention à l’histoire de sa transmission jusqu’à la fin du XIIIe siècle, mais aussi à celle des équivoques de lectures et des censures que suscitent son dialogisme et son ironie. On contribue ainsi à le décoder, au sens où sa valeur normative est remise en cause, en faveur d’une lecture plus sociale de son fonctionnement politique, entre l’école et la cour, l’Église et le roi, mais aussi entre la « mouvance » de Troyes (où Chrétien de Troyes n’est peut-être qu’un « nom de code ») et la capitale capétienne.

Sommaire

  • À l’école de l’amour : mouvements littéraires et styles de vie
  • Un code amoureux n’est pas « un texte à interpréter mais une langue permettant de concevoir des relations et une gamme pour les actions » (Gadi Algazi et Rina Drory, « L’amour à la cour des Abbassides. Un code de compétence sociale », Annales, HSS, 2000)
  • Le De amore d’André le Chapelain est-il un Traité de l’amour courtois (éd. et trad. Claude Buridant, Paris, 1994) ?
  • Sa tradition manuscrite, ou comment une œuvre finit par atteindre son « potentiel de signification » (Alfred Karnein, « La réception du De Amore d’André Le Chapelain au XIIIe siècle », Romania, 1981)
  • Du De amore dei d’Albertano da Brescia au Roman de la Rose : une visée théologico-morale
  • De l’amour (v. 1180 et 1822) : « Maladie de pensée » et cristallisation stendhalienne
  • Un principe d’agencement de la société politique ? (Georges Duby, Les Trois Ordres ou l’imaginaire du féodalisme, Paris, 1978)
  • La cour royale comme lieu de confrontation des langages de l’amour (John Baldwin, Les Langages de l’amour au temps de Philippe Auguste, Paris, 1997)
  • Les voix du De amore : determinatio magistrale et dialogisme (Corinne Denoyelle, « Les dialogues amoureux dans le Tractatus de Amore : l’autorité à l’épreuve de la dialectique, entre disputatio et fiction paradigmatique », dans Le dialogue ou les enjeux d'un choix d'écriture, Rennes, 2006)
  • Vingt-et-un jugements, cinq princesses et « l’assemblée des dames de Gascogne »
  • Andreas Cappelanus et son destinataire Gautier, « un de ces jeunes loups de la cour capétienne, bien placé, et bon latiniste » (Pascale Bourgain, « Aliénor d’Aquitaine et Marie de Champagne mises en cause par André le Chapelain », Cahiers de civilisation médiévale, 1986)
  • Mieux vaut être amants que « conjugués », prétend Marie de Champagne
  • La date de 1174 comme tremplin d’intertextualité : vers le Chevalier à la charrette
  • Chrétien de Troyes et « l’ombre insaisissable de l’auteur » (Estelle Doudet, Chrétien de Troyes, Paris, 2009)
  • Combien sont-ils ? Chrétien de Troyes, nom de code (Zrinka Stahuljak, Virginie Greene, Sarah Kay, Sharon Kinoshita et Peggy McCracken, Thinking through Chrétien de Troyes, Woodbridge, 2011)
  • Chrétien ? De Troyes ? Capitale talmudique et « mouvance » de la littérature (Paul Zumthor, Essai de poétique médiévale, Paris, 1979)
  • « Ce conte Crestiens li Gois » (Philomena, v. 734) : l’hypothèse d’un juif converti (Peter Haidu, The Philomena of Chrétien the Jew: The Semiotics of Evil, éd. Matilda Tomaryn Bruckner, Cambridge, 2020)
  • Quand un clerc veut engigner les femmes « en les entortillant de paroles » (Georges Duby, Dames du XIIe siècle, t.3, Eve et les prêtres, Paris, 1996)
  • Au-delà du renoncement à la chair, reconsidérer de manière réaliste les sexualités ecclésiastiques
  • Toujours à la recherche du code : l’ironie est-elle la règle cachée ? (Don A. Monson, « Andreas Capellanus and the Problem of Irony », Speculum, 1988)
  • « Peut-être, au fond, projetons-nous sur le texte bizarre d’André nos modernes conceptions de la littérature médiévale, considérée naguère comme purement naïve, aujourd’hui comme particulièrement retorse » (Jean-Yves Tilliette, « Amor est passio innata ex visione procedens ». Amour et vision dans le Tractatus amoris d’André le Chapelain, Micrologus, 1998)
  • Pulsate et aperietur vobis (Matt, 7, 7) : double entente et dirty-joke school (Betsy Bowden, « The Art of Courtly Copulation », Medievalia et Humanistica, 1979)
  • Parties hautes et parties basses : aimer « au-dessous de la ceinture »
  • « Trop sérieux pour être drôle, trop drôle pour être moral et, à la fin, trop moral pour être sérieux », le De amore ne peut pas être qu’un canular de lettrés
  • Pourquoi les clercs doivent-ils lire Ovide et André le Chapelain et être instruits dans l’art d’aimer ?
  • Ad cautelam, « À titre de mise en garde » (John Baldwin, « L’ars amatoria au XIIe siècle en France : Ovide, Abélard, André le Chapelain et Pierre le Chantre », dans Mélanges Georges Duby, Paris, 1992)
  • De la double entente à la double vérité ? La condamnation de 1277
  • La culture des goliards : s’éprouver comme intellectuels par la grivoiserie et le chahut (Jacques Le Goff, Les Intellectuels au Moyen Âge, Paris, 1957)
  • Ibi statur, un « programme existentiel » (Luca Bianchi, Censure et liberté intellectuelle à l'Université de Paris - XIIIe-XIVe siècles Paris, 1999)
  • Pluralité des sens, excitation des sens : l’érotique du savoir
  • Un épilogue à rebours de la chronologie : Héloïse, Abélard et l’enfant à naître
  • Quand « la métaphore prend douloureusement prend chair » : la correspondance comme roman épistolaire du passage de l’amour charnel à l’amour spirituel (Jacques Dalarun, « Nouveaux aperçus sur Abélard, Héloïse et le Paraclet », Francia, 32, 2005)
  • À la bibliothèque municipale de Troyes, deux corps écrits (Lettres des deux amants, attribuées à Héloïse et Abélard, éd. Sylvain Piron, Paris, 2005 et Constant Mews, La Voix d’Héloïse : un dialogue de deux amants, Fribourg, 2005)
  • Suo specialiter, sua singulariter : « et Héloïse remporte la victoire dans cette escarmouche d’adresses » (Élisabeth Lalou, « "Quid amor sit" », Critique, 2007)