Résumé
Depuis la découverte, au XIXe siècle, des premiers outils de pierre et de restes humains fossiles, la Préhistoire s’est imposée comme une aventure à la fois scientifique et émotionnelle. Dès l’origine, elle a suscité l’intérêt du public, portée par des amateurs éclairés, tandis que artistes et écrivains se sont emparés de ce passé encore mal connu. Leurs œuvres reflètent autant les imaginaires de leur temps qu’un savoir naissant. Les scientifiques eux-mêmes n’ont pas échappé à ces projections. Malgré le progrès des méthodes, la Préhistoire reste traversée de représentations et de mythes, car elle touche à des questions fondamentales : place de l’homme dans la nature, origine de la culture, du langage ou de la société. Elle interroge ce que nous avons été mais aussi ce que nous pensons être – au point que chaque époque tend, en partie, à inventer sa propre Préhistoire. Influencées par les contextes intellectuels et politiques, ces interrogations expliquent la force durable de cette discipline, qui demeure un miroir de nos propres questionnements sur la condition humaine.