Résumé
Si les crises sont souvent renvoyées à leur singularité, elles partagent également des traits communs. Cette leçon proposera un cadre d'analyse qui resitue l’occurrence des crises, notamment sanitaires mais pas seulement, dans l’émergence de sociétés hyper-organisées à partir de la décennie 1990. Elle montrera que l’incertitude et la complexité qui caractérisent les crises ne sont pas tant le fruit des effets du changement climatique, d’instabilités géopolitiques, de processus d’urbanisation ou de nouvelles technologies, qu’elles sont le produit d’une fragmentation organisationnelle conduisant à ce qu’Ulrich Beck qualifie d’irresponsabilité organisée.