Amphithéâtre Marguerite de Navarre, Site Marcelin Berthelot
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Résumé

Dans « Le Charmeur de serpents », écrit en 1954, Varlam Chalamov fait référence à une pratique qui avait cours dans les camps sibériens au moment des purges staliniennes, celle qui consiste pour un détenu instruit à faire aux chefs des camps des récits palpitants. Ce récit nous interroge sur les risques de la lecture. La littérature en effet y est à la fois une ressource psychique et une compétence monnayable. Mais il nous interroge aussi sur le caractère éthique du récit lui-même. Chalamov relate en effet l’histoire de son ami Platonov dans une fiction dialoguée où il montre explicitement sa divergence morale. À quoi bon montrer, peut-on se demander, l’humiliation vaine de son ami À bien lire le texte cependant, ce qui semble poser problème à Chalamov, c’est moins le choix fait par Platonov, monnayer la littérature pour sa survie, que la raison intérieure que ce dernier se donne pour justifier son action, cette naïveté coupable qui consiste à croire à la possibilité d’éduquer ses bourreaux grâce à la littérature. La littérature, nous dit Chalamov, en voulant charmer les serpents, est en réalité la dupe de Satan.

Intervenant(s)

Frédérique Leichter-Flack

Sciences Po