Biographie

François-Xavier Fauvelle est né en 1968. Après des DEA de philosophie puis d’histoire, il prépare à l’université de Paris I Panthéon-Sorbonne, sous la direction de Jean Boulègue, une thèse de doctorat sur la représentation d’une population d’Afrique australe, les Khoisan, chez les voyageurs européens (Portugais, Néerlandais, Français, Britanniques…) et dans la littérature philosophique et anthropologique occidentale. Soutenue en 1999, la thèse est publiée trois ans plus tard (L’Invention du Hottentot. Histoire du regard occidental sur les Khoisan, XVe-XIXsiècle, Paris, Publications de la Sorbonne, 2002). Il aura effectué durant cette période ses premiers séjours sur le terrain en Afrique du Sud et en Namibie. Ayant alterné des séjours longs aux États-Unis (comme Scholar affiliate à l’University of Iowa, 1996-1997) et en Éthiopie (comme chercheur postdoc au Centre français d’études éthiopiennes à Addis Abeba, 2000-2001) et des charges d’attaché temporaire d’enseignement et de recherche en histoire à Paris I, il est recruté en 2002 en tant que chargé de recherche (CR1) par le CNRS et affecté à l’Institut d’études africaines, dirigé par Jean-Louis Triaud, à Aix-en-Provence. Depuis ce laboratoire et à la faveur d’un séjour long en Afrique du Sud (auprès de l’Institut français d’Afrique du Sud à Johannesburg, 2005-2006), il coordonne deux programmes de recherche : l’un, pluridisciplinaire (histoire, archéologie, art rupestre…), sur les traces ténues des chasseurs-cueilleurs et éleveurs Khoisan (« Archives Khoisan », 2002-2006) ; l’autre, historiographique, sur les pas d’un préhistorien français, l’abbé Henri Breuil, en Afrique du Sud (« Archives Breuil », 2003-2006). Ces travaux ont fourni la matière principale de sa thèse d’habilitation à diriger des recherches, soutenue à Aix-en-Provence en 2005.

Détaché comme directeur du Centre français d’études éthiopiennes à Addis Abeba de 2006 à 2009, François-Xavier Fauvelle y met en place une politique scientifique visant à développer de nouveaux programmes historiques et archéologiques et à financer de jeunes chercheuses et chercheurs de toutes les disciplines des sciences humaines et sociales. En compagnie de Bertrand Hirsch, il dirige un programme visant à rechercher et caractériser les vestiges matériels des sultanats islamiques de l’Éthiopie médiévale, voisins du royaume chrétien mais bien moins documentés que lui. Il effectue en parallèle nombre de missions de prospection, d’inventaire et de fouille dans le pays. Revenu en France en 2009, il rejoint alors le laboratoire TRACES à l’université de Toulouse Jean-Jaurès. Il y crée, avec François Bon et Caroline Robion-Brunner, le Pôle Afrique, équipe réunissant les archéologues africanistes et accueillant des doctorants en archéologie africaine, notamment venus de pays africains. Directeur de recherche de deuxième (2009) puis de première classe (2016), François-Xavier Fauvelle dirige le laboratoire TRACES de 2013 à 2017 et y héberge en 2016, comme président du comité organisateur, le 23congrès biennal de la Society of Africanist Archaeologists. De 2011 à 2018, il a codirigé, avec Elarbi Erbati, les fouilles du site médiéval marocain de Sijilmâsa, porte saharienne du commerce avec l’Afrique de l’Ouest.

Au point de convergence de trajectoires personnelles à la fois disciplinaire, géographique et chronologique, les travaux de François-Xavier Fauvelle campent, depuis les années 2010, autour du domaine des mondes africains médiévaux, que son ouvrage Le Rhinocéros d’or. Histoires du Moyen Âge africain (Alma, 2013), traduit en une dizaine de langues, a fait connaître à un large public. Conscient, cependant, de l’accumulation des strates du passé et de la présence des passés dans le présent, il ne dédaigne pas d’interpréter en historien les événements contemporains, ainsi qu’il l’a fait en éditant et annotant plusieurs discours politiques majeurs de Nelson Mandela (Convoquer l’histoire. Nelson Mandela : trois discours commentés, Alma, 2015). Soucieux de répondre, à la fois, au besoin de renouvellement de la documentation et à l’exigence de mise à disposition des savoirs, il promeut une pratique pluridisciplinaire du terrain et une recherche de formes narratives en adéquation avec les registres de sources. De là, le caractère fragmentaire du récit dans le Rhinocéros d’or, qui veut rendre justice tant à la précision du fragment documenté qu’au panorama de la mosaïque à large échelle qui offre à voir une Afrique médiévale connectée. De là également, les narrations sous forme d’enquêtes qui, de l’abri peint de Christol Cave en Afrique du Sud (Vols de vaches à Christol Cave, Publications de la Sorbonne, 2009, avec François Bon et Jean-Loïc Le Quellec) aux cités islamiques d’Éthiopie (« Le sultanat de l’Ifât, sa capitale et la nécropole des Wâlâsma », Annales islamologiques, 2018, avec Amélie Chekroun et Bertrand Hirsch) ou encore aux Khoikhoi, ce peuple sud-africain victime de la colonisation (À la recherche du Sauvage idéal, Le Seuil, 2017), cherchent à restituer la conversation qu’est la recherche et à accorder une place identique aux « ratés » et aux « découvertes ». François-Xavier a également dirigé un ouvrage collectif proposant à un large public une ample synthèse sur l’histoire de l’Afrique avant l’ère moderne : L’Afrique ancienne, de l’Acacus au Zimbabwe. 20 000 ans avant notre ère – XVIIsiècle (Belin, 2018).